François Morel, de Molière à Schubert, et Flers de l’Orne

Il faut souvent être bigrement intelligent pour savoir bien jouer les andouilles. Ainsi, si François Morel n’aime rien tant que d’incarner les sots et les bécassons, et tellement bien qu’on le croirait montré du doigt dans sa cambrousse comme l’idiot du village, c’est un artiste complet, un être éduqué et fin qui aime faire le pitre de manière à révéler une face (farce) profonde de la condition humaine.
Les « comiques », les vrais, les beaux, les grands, pas les censeurs médiatiques qui ont pris l’habit des modestes chansonniers pour faire ricaner une partie de la France contre l’autre, aiment se moquer des choses graves avec légèreté et générosité.
François Morel parle très bien de la légèreté, celle qui survole l’abîme avec hauteur, mais à hauteur d’homme, donc il est proche de Schubert, de Molière et de tous ceux qui regardent la vie et mort en face, c’est-à-dire l’essentiel des choses, avec le sourire.
Il faudra peut-être, cependant, qu’il aille un jour vers des rôles plus noirs, pas forcément pour avoir son « Tchao Pantin » comme on met une plume à son chapeau, mais pour élargir sa palette, car qui peut le plus peut le moins.
Voici son programme :
Ravel, Pavane pour une infante défunte, par exemple interprété par Alexandre Tharaud
Lully Marche pour la cérémonie des turcs
Schubert Fantasy D 940 opus 103 allegro molto moderato
La fileuse de Mendelsohn

Mes madeleines:
Carmina Burana
Les marionnettes de Christophe
Juanita Banana de Henri Salvador