François-Frédéric Guy, la passion Beethoven

Peu de pianistes possèdent, comme François-Frédéric Guy, une telle connaissance de la musique allemande – dans sa profondeur, son étendue, ses relations internes d’une oeuvre à l’autre – une vision à la fois organique et intellectuelle de ce répertoire, et les mots justes pour en parler. Sans oublier l’enthousiasme et la passion sans quoi son discours serait sévère et didactique. Comme les grands pianistes du passé, il connaît chaque note, chaque accent des opéras de Wagner, chaque coup d’archet des quatuors de Beethoven, chaque détail d’orchestration des symphonies de Bruckner. Ce qui lui donne une hauteur de vue, une science et une conscience dans ses choix interprétatifs qui ne relèvent pas du caprice. Lorsqu’il joue, c’est osé et personnel, mais jamais gratuit. Il sait que le vrai peut quelquefois être bizarre dans la tête d’un compositeur et il cherche à lui donner une réalité musicale sans se contenter d’un a-priori, d’un esthétisme superficiel ou d’une vague idée. Il est dans la chair et l’esprit de la musique – en particulier, ici et maintenant, de Beethoven – avec clarté, courage et intelligence.
Il y va de l’honneur des journalistes et des critiques de défendre un point de vue aussi solide, même si on n’en partage pas totalement (mais l’océan est vaste), pour des raisons d’ordre personnel, la réalisation. Car ce qui est en jeu, au fond, c’est le goût, notion pour le coup très française, qui peut s’appauvrir, s’affadir, se déliter, lorsqu’on soutient des esthétiques qui sont dans l’air du temps en négligeant des approches plus fondamentales.
Voici son programme :

. Bruckner Symphonie n°5 (Jochum live à Ottobeuren si possible début du 1er
ou du 2ème mouvement)
. Mahler Symphonie n°8 (version Boulez, Solti ou Ozawa, les 6 dernières
minutes Chorus mysticus)
. Walkyrie Acte I Winterstürme (John Wickers)
Les Madeleines
. Rachma 1er Byron Janis/Kondrachine
. Tchaïkovsky 1er Gilels
. Chopin/Samson François