François Berléand, entre Mozart et Guitry

1. Un homme qui aime Mozart à ce point ne peut être fondamentalement mauvais. Un homme qui joue les méchants avec tant de délectation est forcément un brave type. Un acteur qui avoue ses faiblesses et ses difficultés avec une telle sincérité nous est immédiatement sympathique.
François Berléand a percé sur le tard, mais il est là pour longtemps car il possède quelque chose de sombre sur le fond et d’étincelant sur la forme qui nous rappelle certains grands comédiens du passé.
Posséder Leonid Kogan dans son arbre généalogique est une richesse dont il fait rarement mention. Et pour cause : quels sont les journalistes de cinéma qui ont entendu parler de cet immense violoniste ? Avoir découvert la musique à travers l’amour de sa grand-mère et décider de rire de tout depuis la mort de sa mère est une facette peu connue de cet acteur populaire plus complexe qu’il n’y paraît.
2. C’est l’occasion que je fasse part à chacun d’entre vous d’un petit secret qui n’en sera bientôt plus un. Comme disait Sacha Guitry, un secret est une chose qui ne se partage qu’avec une seule personne à la fois. J’ai écrit une pièce de théâtre sur la musique qui raconte le retour de Serge Prokofiev en URSS. On y croise Poulenc, Chostakovitch… François Berléand, à qui j’ai tout de suite pensé pour le rôle principal, l’a lue et y a pris un vif plaisir. En attendant de trouver un théâtre qui veuille bien la monter, René Martin m’a fait l’immense joie et le grand honneur de me permettre de la lire en avant-première avec quelques comédiens lors de la Folle Journée à Nantes, les 4 et 5 février à 14 h, salle Gorki, puisque le thème de cette année est autour des compositeurs russes. Ce sera un premier baptême du feu pour tester son impact auprès d’un public de choix. Le prix d’entrée est symbolique pour permettre à tous d’y accéder, mais, le nombre de places étant limité, aucune réservation n’est possible avant le matin-même. Ah, j’oubliais, ça s’appelle : Dans la gueule du loup.
Voici le programme de François Berléand :
1. Paul Dukas – L’Apprenti Sorcier
2. Mozart – Don Giovanni, à la mort du commandeur
3. Mozart -Quatuor des dissonnances
4. Verdi – Le Trouvère, « Ah! se l’error t’ingombra! »

Madeleines:
1. Aznavour – Il faut savoir
2. François Perrier – Piccolo Saxo
3. Prokofiev – Pierre et le loup