Franck Ferrand raconte : retour sur les émissions de la semaine

Du couple controversé que formait Sartre et Beauvoir à la conquête épique de Saint-Jean-d’Acre, Frank Ferrand est revenu tout au long de la semaine sur des figures et des épisodes marquants de l’Histoire de France et du monde.

 

Revivez la genèse du duo Sartre-Beauvoir

Un demi-siècle durant, depuis Saint-Germain-des-Prés, un couple à dominé, agacé, stimulé et symbolisé l’intelligentsia française. Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir n’ont pas fini de susciter la controverse mais qui connait vraiment leur parcours ? Nés dans des milieux sociaux aisés – bourgeois pour l’un, aristocratique pour l’autre – ils vont se rencontrer à la Faculté de lettres de Paris où tous deux tentent de passer l’agrégation. Reçu à la première place, après avoir échoué un an plus tôt, Jean-Paul Sartre n’aura qu’une obsession dans sa vie : son oeuvre. Impliqué dans le combat politique à gauche, proche de l’URSS et de la Chine de Mao, il luttera pour ses idées dans le sillage du Parti communiste français. Il sera l’auteur de plusieurs livres plébiscités (L’être et le néant, La nausée…) mais aussi de pièces de théâtre à succès, dont Huis Clos, dans laquelle figure cette réplique demeurée célèbre : « l’enfer, c’est les autres ». Simone de Beauvoir n’aura, elle, pas été un enfer pour Sartre mais plutôt un compagnon de route indispensable. Dès ses premières années d’enseignement, elle marque déjà les esprits avec sa pensée féministe et iconoclaste, qui prendra sa forme la plus éclatante dans les pages de son Journal d’une jeune fille rangée. Plus tard, elle recevra le Goncourt pour Les Mandarins. Partageant une relation amoureuse libre, ses deux anti-conformistes trouveront d’autres piliers que la fidélité pour celer, plusieurs décennies durant, leur alliance. Une alliance qui leur a survécu, tant il est ardu de raconter aujourd’hui le destin de l’un, sans l’unir à celui de l’autre.

 

Le Grand Conti, un héros de guerre surestimé ?

A la Cour de Louis XIV, le prince de Conti plaisait à tout le monde, sauf au roi qui s’est toujours méfié de lui. Pourtant, il aurait pu devenir un grand prince et même peut-être un grand roi. Prince de La Roche-sur-Yon, il n’héritera de son titre honorifique qu’à la mort précoce son frère aîné, avec qui il avait combattu avec hardiesse contre les Ottomans quelques années plus tôt. Partir à cette bataille fut une décision fraternelle source d’une riche épopée et qui lui procurera une réputation de héros de guerre dans toute l’Europe. Elle fut aussi un pêché originel, la raison d’une défiance durable du puissant Louis XIV à son égard; le monarque lui ayant refusé ce départ au combat. Sa loyauté ainsi mis en doute, conjuguée à des talents diplomatiques perfectibles, l’empêcheront de profiter d’une contexte favorable à sa gloire.

Franck Ferrand raconte la destinée de la résistante Nancy Wake

Les Allemands lui avaient donné pour nom de code « la Souris blanche ». Audacieuse, parfois inconsciente, toujours pleine de vie et de joie, Nancy Wake, d’origine néo-zélandaise, aura été la résistante de France la plus décorée de la Seconde Guerre mondiale. Infirmière puis journaliste comme son père, elle partira un jour pour Vienne dans le cadre d’un reportage qui la marquera toute sa vie. Là-bas, elle constatera effarée les mauvais traitements que les nazis réservaient déjà aux juifs au début des années 1930. Alors, lorsque la guerre éclate, elle s’engagera sans hésitation dans un réseau de résistance et profitera de son apparence proprette et bourgeoise pour tromper la surveillance de l’ennemi. Malgré des opérations périlleuses, elle ne perdra jamais son tempérament de fêtarde. Lorsque l’étau se resserrera autour d’elle, elle fuira vers l’Angleterre pour mieux revenir sur le sol de sa patrie de cœur, la France. Parachutée en 1944 dans l’Allier, elle sabotera des installations allemandes et aurait même participé à la prise du quartier général nazi de Montluçon. Des actes héroïques, que sa fougue aura peut-être quelque peu exagérés, mais qui suffirent aux Allemands pour la pourchasser avec zèle. La mort, qui souvent la frôla au cours de son existence, ne rattrapera la « souris blanche » qu’à l’âge avancé de 99 ans.

 

Albert Schweitzer : une vie pour les autres

Médecin, auteur, mais aussi organiste à ses heures, le docteur Albert Schweitzer, l’Alsacien de Lambaréné, aura consacré son existence à soigner et à guérir son prochain. Fils de pasteur et pasteur lui-même, il aura fait preuve toute sa vie d’une capacité de travail époustouflante, enchaînant des études de philosophie puis de théologie avant de suivre des enseignements en médecine à 31 ans. Sa spécialité : les maladies tropicales. L’homme a des convictions humanitaires et croit dur comme fer dans le bien-fondé de son combat en faveur des peuples en souffrance. Il aura ses mots à propos de J.S. Bach dans un livre qui lui consacrera : « Bach est un consolateur. C’est lui qui m’apporte la certitude que dans la vie, ce qui est authentiquement vrai ne peut que s’imposer par sa propre force, lorsque son heure est venue ». L’heure du docteur Albert Schweitzer ne viendra qu’en mars 1913, lorsqu’il embarquera avec sa femme direction Lambaréné, au Congo français. Il y soignera dans des conditions précaires le paludisme, la lèpre ou encore la maladie du sommeil. Enchaînant les allers-retours entre l’Europe et l’Afrique, il deviendra une célébrité internationale qui fera la Une des grands magazines américains et que les grandes figures de la planète salueront à sa mort en 1965, pour la vie qu’il aura consacré à aider celle des autres.

 

Franck Ferrand revient sur la prise et le siège de Saint-Jean-d’Acre

Coup de projecteur sur un désastre de l’année 1291 : la prise d’Acre. L’un des derniers bastions occidentaux en terres d’orient est la proie des velléités guerrières d’un sultan musulman à l’armée puissante. Malgré sa population fournie pour le 13e siècle – environ 100.000 habitants – la cité fortifiée manque de combattants à opposer aux plus de 200.000 hommes du sultan, qui attaquent sans vergogne. Les épais murs de protection entourant la ville, dont la résilience est mise à rude épreuve par les projectiles qui l’assaillent de toutes parts, finiront par s’écrouler. Les forces du chef des Templiers et gardien du lieu, Guillaume de Beaujeu, capituleront elles aussi; laissant en déroute les rares survivants, forcés de s’enfuir par la Méditerranée sur une mer agitée propice aux naufrages. Écrasés par la supériorité de l’ennemi, les Templiers tenteront de survivre à cette défaite qui en entraînera d’autres, en vain.

Comment écouter Franck Ferrand Raconte ?

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