Franc succès pour Francis Lai

Quel homme délicieux ce Francis Lai. Modeste, gentil, timide. Il vend des disques dans le monde entier et il a conservé sa mentalité de musico de balloche, n’aimant pas se mettre en avant, parlant peu, pianotant « de ses doigts secs et nerveux » dans l’ombre d’une star sur sa boîte à frissons.

Il a écrit la musique de Love Story et d’Un homme et une femme. La mélodie vous paraît trop sentimentale ? Peut-être, mais Francis Lai possède un style que l’on reconnaît. Le terrorisme intellectuel l’a inscrit sur sa liste noire sur la même ligne que Claude Lelouch. Sentant cette fatwa peser sur ses épaules, Francis Lai n’en a jamais été affecté. Les salons, il ne les fréquente pas. Son boucher, son boulanger, l’employé qui repeint le façade de son immeuble sifflotent ses mélodies. Cela lui suffit bien. Et dès que quelqu’un écrase une larme en regardant un film de Lelouch, il se dit que la moitié lui revient. 

A la fin de l’émission, je n’avais plus le temps de lui faire raconter une anecdote, qu’il m’avait dite avant. La voici donc. Francis Lai a accompagné l’un des derniers concerts d’Edith Piaf à Amsterdam. Le silence était incroyable avant qu’elle ne se mette à chanter. Après « L’hymne à l’amour » toute la salle s’est levée d’un coup et s’est mise à crier « Vive Edith Piaf, vive la France ». Je ne peux m’empêcher de l’écrire sans avoir à mon tour les larmes aux yeux. Voici le programme de Francis Lai :

Sonate Pathétique de Beethoven – 2e mvt

Madeleines

Tosca E lucevan le stelle (Di Stefano)

Morceau classique à l’accordéon (Scherzo – Songe – Mendelssohn)

Un homme et une femme (Lai)

Programme

Bachianas Brasilieras n° 5 (Fleming)

Wagner : Lohengrin (Solti)

Adagio de Barber (Bernstein)

Le Sacre du printemps (Danse des Adolescentes 3’ après le début + Jeu du rapt) (Markevitch)

Love Story

La nuit transfigurée de Schönberg (Karajan)

Satie : Gymnopédie n°1 (Thibaudet)

Lai : A bicyclette (Montand)