Florian Zeller, dans ses petits souliers

C’est toujours émouvant de voir un auteur de théâtre, gâté par la vie, fêté par le public, choyé par la critique, vivre le moment de vérité où l’oeuvre, qu’il a écrite et montée hors du monde, subit l’épreuve du feu. Florian Zeller est arrivé dans ses petits souliers. Le matin même, Denisa Kerchova avait émis des réserves sur la pièce dans l’émission de Jean-Luc Hees. J’ai donc fait le maximum pour le mettre à l’aise, pour être gentil. Je ne me suis pas forcé parce que la pièce m’a plu, même si l’interprétation des deux rôles principaux est un peu fade. Ecrire une pièce et diriger des acteurs sont deux choses différentes. Ce n’est pas sûr que le metteur en scène Florian Zeller soit le meilleur serviteur de l’auteur Florian Zeller. Etre fidèle n’est pas tout ! Le pianiste Leon Fleisher dit souvent : « l’interprète doit aider le compositeur ». Oui ! même Beethoven a ses faiblesses d’expression (pas de la pensée !) que l’interprète peut compenser… Bref, ce n’est pas le sujet. Florian Zeller a été un invité délicieux. Pendant les morceaux musicaux, il me posait des questions, s’intéressait à moi, de manière très naturelle. Comme s’il voulait rétablir un équilibre dans cette relation très unilatérale que commande la forme de l’interview. Cette attention à « L’autre » était touchante.

Et vous, avez-vous été sensible à son émission ?

Voici son programme.

Dom Juan, Mozart – et notamment « Viva la liberta » (finale Acte 1

Madeleines

Le chant des mouettes

Stabat Mater, Pergolèse « Eja Mater » (René Jacobs)

La Troisième Leçon des Ténèbres, de Couperin

Hary Janos, opéra de Kodaly « Bataille et défaite de Napoléon »

Les Vêpres de la Vierge, Monteverdi (Gardiner)

Arvo Pärt, Tabula Rasa (Tabula Rasa)

Bach : Variations Goldberg (Gould 1981)

Générique du Mépris, de Godard, G. Delerue

Parle-lui de moi, de Christophe (Aimer ce que nous sommes, 2008)