Fayçal Karoui, un chef à tomber Lamoureux

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Un chef d’orchestre qui rêve de diriger du ballet, ça n’existe pas. C’est aussi improbable qu’un enfant qui « plus tard voudrait devenir critique » (François Truffaut). Fayçal Karoui ne doit pas être comme tout le monde car l’idée l’a immédiatement enthousiasmé. Lorsqu’il a été assistant de Michel Plasson à Toulouse, on a cherché à l’occuper en lui confiant une « Belle au bois dormant ». Enchantement du jeune musicien ! Tout content de trouver du sang neuf motivé, Hugues Gall l’a engagé à l’Opéra de Paris dans un ballet de Balanchine « Slaughter on Tenth Avenue ». La danseuse américaine, venue transmettre la chorégraphie aux étoiles de l’Opéra de Paris, a été impressionnée par son charisme. Elle en a parlé à Peter Martins, le directeur du New York City Ballet, qui cherchait désespérément un directeur musical. Quand Peter Martins lui a proposé le poste, Fayçal Karoui a téléphoné à Hugues Gall. N’allait-il pas être catalogué comme chef de ballet ? En France, on est si étriqué sur ce point. « Il faut y aller, a dit Gall, le répertoire est tellement riche » Et comment ! Chorégraphe aux Ballets russes de Serge Diaghilev à Paris puis à Monte Carlo, George Balanchine a créé le New York City Ballet en 1948. Il est le père de la danse américaine, l’une des trois plus brillantes au monde avec la française et la russe. Stravinsky et Balanchine ont imaginé la plus fascinante collaboration de tous les temps entre un chorégraphe et un musicien. Trente ballets en portent le génie : Agon, Violin Concerto, Symphonie en ut, Le baiser de la fée, Pulcinella, L’oiseau de feu, etc. Balanchine, son chorégraphe associé, Jérôme Robbins, et son successeur désigné Peter Martins ont traduit en mouvements une grande partie du répertoire symphonique du XXe siècle. Pour un chef d’orchestre, c’est l’assurance de fréquenter quotidiennement Ravel, Debussy, Webern, Berg, Bartok…à un haut niveau. Certes, ce n’est pas à Carnegie Hall, mais dans une fosse d’orchestre. Mais pourquoi ce qui est normal à l’opéra deviendrait à dédaigner au ballet. L’essentiel, c’est qu’au New York City Ballet, la musique soit au centre de la réalisation artistique. Pour Balanchine, le chorégraphe n’était pas un créateur solitaire, mais un chercheur dévoué, qui devait s’efforcer de trouver le mouvement correspondant à chaque musique. Il était lui-même capable de transcrire à vue le Concerto pour violon de Stravinsky et de le jouer au piano..
En cinq ans, Fayçal Karoui a fait des merveilles à New York. Mais depuis dix ans, avec l’Orchestre de Pau, Pays de Béarn, il a réalisé des miracles. D’un orchestre local de routine, il a fait une formation de niveau national, invitant les plus grands solistes, formant un public passionné, exigeant et diversifié, allant porter la musique dans les universités, les prisons, les banlieues, multipliant les collaborations artistiques originales. Il vient de prendre la direction de l’Orchestre Lamoureux. Une nouvelle aventure commence et elle sera passionnante.
Voici son programme :

Schumann : Concerto pour piano, avec Etsuko Hirosé

2/ Schubert : quintette à 2 violoncelles en ut 2ème mouvt (Quatuor Weller)

3/ Mozart: requiem Kyrie

4/ Debussy : la Mer, de l’aube à midi sur la mer

5/ Guillaume Connesson : Techno Parade

Madeleines

1/ Mozart concerto pour piano 21

2/ Piaf: La foule

3/ Oum Kalsoum

La vie:

Ravel :Daphnie et Chloé: lever du jour

L’amour:

Berlioz: symphonie fantastique: rêverie passion

La mort:

Pergolese: stabat mater 1er mouvt