EXCLUSIF : ANNETTE MESSAGER, L’ART NEVROSE – LES TRÉSORS CACHÉS DE GUILLAUME DURAND

Radio Classique vous propose de découvrir un entretien exclusif et inédit, dans lequel l’une des plus grandes artistes actuelles se dévoile. Guillaume Durand s’est entretenu avec Annette Messager le 25 novembre 2013 dans un espace d’exposition de sa galeriste, Marian Goodman, à Paris. Un documentaire produit par la Fondation Louis Vuitton pour la création.

Découvrez l’entretien exclusif d’Annette
Messager :

 

 

Annette Messager renie son statut d’artiste femme

« Je m’appelle Messager, mais je n’ai pas de message ». Pas de message peut-être, mais une trame, un univers, une signature incontestablement. Des sculptures, des broderies, des dessins, des photographies… Rapidement, Annette Messager multiplie les styles et les supports de créations.

 

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« J’aime beaucoup jouer avec les clichés », confie-t-elle durant l’interview, elle, qui s’amuse à recopier des proverbes pour mieux désamorcer les a priori qu’ils véhiculent. Mais s’il y a un cliché que l’artiste réprouve par dessus tout, c’est celui d’artiste femme.

 

 

Un concept, qui fera l’objet d’expositions durant les années 1970, lorsqu’elle commence à se faire un nom dans un milieu fortement dominé par les hommes. Elle les « fuit » toutes et a tendance à prendre ses distances avec le côté revendicatif du féminisme américain ; celui que pouvait incarner Barbara Kruger par exemple. « Il y avait eu 68, donc pour les filles, c’était un peu plus normal de vouloir être artiste », confie-t-elle.

 

Des oiseaux empaillés inspirés du cinéma d’Hitchcock

Oiseaux empaillés, morceaux de corps… Si elle s’oppose au naturalisme dans l’art, la nature transparaît partout dans son oeuvre. « Je commande beaucoup sur internet. C’est insensé ce que l’on peut y trouver ».

 

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Elle, qui a percé à ses débuts grâce à une exposition en Allemagne avant de présenter ses œuvres chez Gagosian à New York, aime mélanger les formes et les couleurs, associer à ses créations des objets achetés en ligne. « Les objets ont toujours pour moi plusieurs faces. C’est comédie – tragédie tout le temps ».

 

 

Il est aisé de saisir l’influence qu’à pu exercer sur elle le cinéma – elle se rendait souvent à la cinémathèque, située à quelques mètres de l’École nationale des arts décoratifs de Paris où elle étudiait. Ainsi, elle s’inspire volontiers d’Hitchcock, à la fois de ses Oiseaux pour ses créations de taxidermie et de ses gros plans pour angler ses photographies, mais aussi de Max Ophuls (Lola Montès).

 

L’artiste préfère cacher son couple avec le plasticien Christian Boltanski

Annette Messager voit son art comme un moyen de révéler sa face cachée. « On peut faire passer toutes ses névroses dans l’art ». Jérôme Bosch, James Ensor, De Goya… Des artistes de toutes époques l’inspirent, sauf peut-être les représentants de l’art minimaliste et conceptuel, dont elle s’est écarté d’emblée dès ses premières créations.

 

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« Comme les dadaïstes, j’ai crû que l’art pouvait changer le monde. Ça, je ne le croit plus du tout. Par contre, changer les individus, oui ! ». D’un tempérament réservé, elle n’aime pas mettre en avant sa relation avec l’artiste plasticien Christian Boltanski.

 

Jérôme Bosch, Le Jardin des délices.

 

 « Même s’il y a des jalousies, cela peut-être productif. Il ne va jamais dans mes bases [le nom qu’elle donne à ses espaces de travail] et je ne vais jamais dans son atelier. Si on parle d’art 3/4 du temps, on n’évoque pas de notre travail. »

 

Nicolas Gomont

 

Le mariage de mademoiselle Annette Messager-détail (1971) Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

Les hommes-femmes et les femmes-hommes (1971) Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

Annette Messager Collectionneuse – Les enfants aux yeux rayés – détail (1971-1972) Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

Les tortues volontaires (1972) Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

La promenade des pensionnaires (1971-1972)Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

Le repos des pensionnaires (1971-1972)Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

La punition des pensionnaires (1971-1972)Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

Les effroyables aventures d’Annette Messager truqueuse 1975 Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

Les approches – détail (1972) Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

Mes trophées (1986) Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

Mes trophées (1986) Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

Maman, je m’endors avec Maman (1989-1990)Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

Anonymes (1993)Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

Jeu de deuil (1994)Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

Anatomie (1995-1996) Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

Avec l’éléphant (1998-2000)Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

Dépouilles (1997) Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

En balance (1997)Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

Casino Pinocchio (2004-2005)Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

Casino (2005) ; Happy (2006) Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

Les 7 balais (2011)Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

3 Dissections millimétrées (2011-2012)Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

La colonne du petit chien (2000-2012) Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

La femme et le barbu, Annette Messager truqueuse (1975) Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

La femme homme, Annette Messager truqueuse (1975)Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

La femme et la mort, Annette Messager truqueuse (1975) Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

La femme et le voyeur, Annette Messager truqueuse (1975) Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

Le bonheur illustré (1975-1976) Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

Le bonheur illustré (1975-1976)Annette Messager © Adagp, Paris, 2020

Mes vœux (1989)Annette Messager © Adagp, Paris, 2020