Eric-Emmanuel Schmitt, quoi de neuf ? Mozart !

L’émotion dans la simplicité est peut-être la chose la plus difficile à obtenir en art. Cela ne s’apprend pas par des théories, des concepts ou des cours de communication appliquée. C’est un gros travail qui demande d’abord à désapprendre ce que l’on a appris et à se débarrasser des lourdeurs de l’ego. Trouver les mots simples de Racine ou de Rilke pour exprimer des sentiments profonds, faire résonner les notes d’un Mozart ou d’un Schubert qui vont droit au coeur d’une manière spirituellement élevée, sans fatras idéologique, sans vulgarité commerciale, sans volonté de manipulation politique est le travail de toute une vie. Un noble travail, un travail obscur, patient, « riche de dépossession ».
C’est dans cette voie que s’est engagé Eric-Emmanuel Schmitt à la suite d’une expérience dans le désert et d’une rencontre avec Mozart. Il s’attaque aux grands mythes ou aux petites histoires humaines avec la même volonté de faire jaillir un pure étincelle de vérité, comme Mozart se mesurait à Don Juan ou à l’histoire toute simple d’une épingle perdue. Peu importe le sujet. Tout est bon pour emporter l’imagination. Ce qui compte, c’est la qualité, la beauté et la profondeur du regard.
Sur scène, il prend le risque de s’exposer, sans technique d’acteur, sans son habileté d’homme de lettres qui peaufine, élague et cisèle son texte jusqu’à la nudité du sentiment vrai. Ceux qui l’aiment prendront le train. Et ils sont nombreux, de tous âges, de tout sexe et de toute condition.
Voici son programme :
Laudate dominum tiré des Vesperae solennes de Confessore (KV 339). Si possible chanté par Lucia Popp.

1) « si vous croyez que je vais dire qui j’ose aimer » d’Offenbach, air extrait de Fortunio, poème de Musset. (si possible par Yvonne Printemps
2) Berceuse de Faure pour violon et piano (ou violon et orchestre) si possible par Christian Ferras.
3) « I’d like to be in America » de West Side Story de Bernstein.

Cosi fan tutte, ActeI Trio de Fiordiligi, Dorabella et Don Alfonso 2 :53.
Concerto pour clarinette, Adagio 8 :59.
Petite musique de nuit, Rondo Allegro 3 :57. ATTENTION : il faut absolument le quatrième mouvement.