Eric Ciotti « Je n’ai jamais pensé que la candidature de Fillon était en péril »

Ce matin à 8h15 sur Radio Classique

Eric Ciotti, Député Les Républicains et Président du Département des Alpes-Maritimes.
Invité de Guillaume Durand

« Je n’ai jamais pensé que la candidature de Fillon était en péril »

Extraits :

A propos de la conférence de presse de François Fillon

« Elle est consolidée, confortée. Je n’ai jamais pensé pour ma part qu’elle était en péril mais ce qu’a démontré hier François Fillon c’est une force de caractère, beaucoup de courage dans un moment très difficile. Il l’a dit, c’est une épreuve personnelle très lourde qu’il a subi, beaucoup d’attaques, d’une violence inouïe. C’est également une épreuve pour notre famille politique et ça pourrait être demain une épreuve pour notre pays car ce qui est en cause c’est tout simplement la présence de la droite et du centre au deuxième tour de la présidentielle. Ces attaques, je dirai même ce complot, n’avaient qu’un objectif, c’était de priver la droite et le centre de concourir pour le second tour de l’élection présidentielle.»
«Dans les responsables de notre famille politique, je n’ai jamais entendu un propos qui marquait une rupture de solidarité avec François Fillon. (….) Nous avons évoqué sur les sujets de fond qui vont occuper l’actualité du candidat dans les jours qui viennent. Ça a été très convivial, détendu, chaleureux, aucune voix ne s’est exprimée de façon dissonante. Ça a été le cas depuis le début, je tiens à le souligner, ceux qui ont appelé à des solutions alternatives ont été très peu nombreux dans notre famille politique. J’ai senti après la conférence de presse un climat d’unité renforcé. »
(…)
« Le sentiment des parlementaires est un sentiment de gravité et de responsabilité ; nous savons ce qui est en jeu, ce qui est en cause, et je le redis, cet enjeu, au-delà de notre famille politique et au-delà de François Fillon, c’est l’alternance. Est-ce que demain on va tourner la page du socialisme ou est-ce qu’on va continuer avec monsieur Macron ou monsieur Hamon le déclin de la France ? Chaque parlementaire, chaque député, a ce souci. Et ce qui domine aujourd’hui, même si nous mesurons le choc, le traumatisme, qu’il y a sur le terrain, c’est ce devoir de responsabilité et je crois qu’hier François Fillon a montré le cap avec une force qui nous invite à être derrière lui.»
(…)

A propos de l’enquête judiciaire

« Je ne m’immiscerais pas dans le fonctionnement de la justice. La justice travaille, François Fillon a dit sa confiance dans le résultat de cette enquête que nous souhaitons rapide car il ne faut pas que la campagne électorale soit confisquée. Je rappelle que le 17 mars c’est la date limite des dépôts de parrainages, il faut que notre famille politique se consacre à la campagne et rien qu’à la campagne.

(…)
A propos des médias et d’Elise Lucet

Ce n’est pas très sérieux la multiplication de ces attaques. Ce que je note c’est que ce sont les mêmes acteurs médiatiques qui sont à la manœuvre. On voit les journalistes, madame Lucet…
Je veux dire aussi ma stupéfaction qu’une émission du service publique financée par le contribuable français a cette attitude d’attaque exclusive contre l’opposition. Ça pose quand même un problème démocratique. Madame Lucet qui avait, au mois d’octobre une émission à charge, sans aucune nuance, contre Nicolas Sarkozy, que s’est-il produit depuis ? Et là on réédite le même scénario avec des méthodes extraordinairement contestables.

A propos de la gauche

« Rien n’est joué mais la gauche est divisée, de façon structurelle, il y a trois candidats de gauche : Hamon, Macron, Mélenchon. Monsieur Macron et monsieur Hamon sont les détenteurs du bilan de monsieur Hollande, encore plus monsieur Macron qui a participé avant et même après. Les soutiens qui le rejoignent sont tous très proches de monsieur Hollande. La gauche est façon puzzle, dispersée aujourd’hui. Le Front National est une impasse. Nous avons une lourde responsabilité, celle de porter le changement, la rupture, l’alternance. C’est pourquoi je suis convaincu que François Fillon sera au second tour de cette élection et qu’il gagnera la présidentielle. »

A propos du soupçon que la gauche soit à l’origine de l’affaire Fillon

« On sait très bien que la gauche est capable d’utiliser toutes les méthodes. Qui disposait de toutes ces informations ? Il n’y a qu’un lieu en France où les informations qui ont été dévoilées ont été recensées de manière exhaustive, c’est Bercy et l’administration fiscale. Qui la dirige ? A qui profite le crime ? On peut poser la question. Est-ce qu’il y a eu des poursuites aussi rapides dans des affaires autrement plus graves ? Je parle d’un ministre en exercice, monsieur Le Guen, qui a été mis en cause dans un livre et il n’y a à ce jour aucune enquête qui a été ouverte. Je ne sais pas ce qui relève de cette enquête, je ne veux pas porter d’accusations. (…) C’est le livre de Georges Malbrunot. Les Français ont l’impression d’un deux poids et deux mesures médiatique.

A propos de l’affaire d’Aulnay-sous-Bois

« Les faits qui sont dénoncés sont graves. S’ils sont avérés, ils appellent des sanctions exemplaires mais pour l’instant ne nous hâtons pas dans les commentaires, il faut que l’enquête se déroule dans un cadre serein. ».