En Tunisie, Kaïs Saïed promet un nouveau gouvernement après l’immolation de deux hommes

Houcemmzoughi/wikimedia commons

Kaïs Saïed, le président tunisien s’apprête-t-il à donner à son pays une nouvelle constitution, plus de deux mois après avoir confisqué le pouvoir du parlement ? C’est ce qu’il a laissé entendre ce week-end, promettant également un nouveau gouvernement dans les plus brefs délais.

Le discours de Kaïs Saïed séduit : 80% des Tunisiens se disent prêts à voter pour lui

Ces promesses d’un nouveau gouvernement ont été formulées après l’immolation de deux hommes en une semaine, signe des frustrations croissantes qui s’accumulent en Tunisie où le taux de chômage est de 18%. Elles sont devenues la principale préoccupation des Tunisiens, malgré la reprise ferme reprise en main du pouvoir. Une dictature temporaire, voilà ce que dénoncent les défenseurs des droits de l’Homme depuis que le président Kaïs Saïed s’est arrogé les pouvoirs du parlement. L’avocate Yosra Fraoues, de la Fédération internationale des Droits de l’Homme souligne aussi le règne de l’arbitraire : « Il y a des assignations à résidence, des restrictions de voyage pratiquement systématiques pour un certain nombre d’hommes d’affaires, de parlementaires et même des avocats et des magistrats. Tous ceux qui formalisent des critiques, posent des questions deviennent en quelques sortes les ennemis du peuple ».

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Malgré tout, plus de 8 Tunisiens sur 10 se disent prêts à voter pour Kaïs Saïed en cas d’élection présidentielle, car son discours séduit, déplore Karima Souid. une ex-députée de la dernière assemblée constituante. Du chauffeur de taxi à l’aide-ménagère, en passant par l’épicier, tous disent, explique-t-elle : « on s’en fout de la démocratie, on veut un pays sans privilèges pour les riches, sans corrompus dans les ministères et le parlement, on veut manger on veut travailler ». Les Tunisiens pourraient être appelés aux urnes l’an prochain pour approuver une nouvelle constitution et choisir, au printemps de nouveaux députés.

Marc Teddé

Ecoutez le reportage de Marc Teddé :

 

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