Emmanuel Krivine, prima la musica

L’esprit de ce grand chef d’orchestre français est un mélange original de pure pensée musicale (dénuée de sentimentalisme et imperméable à ce que Milan Kundera appelle « la tyrannie du coeur »), d’orgueil et d’humilité (sans cesse en conflit), d’idéal et de cynisme (qui se traduit par un humour féroce).
Cet être complexe, égocentrique mais qui se soigne, aime les musiciens « naturels », qui chantent comme ils respirent, sans frustration, sans discours encombrant, et sans pharisianisme hautain.
Avec la Chambre Philharmonique, composée de musiciens très cultivés qui jouent à deux cents pour cent sur instruments d’époque et qui touchent tous le même salaire (chef compris), il vient d’enregistrer une intégrale des symphonies de Beethoven qui soulève des polémiques. On aime ou on n’aime pas, mais force est de reconnaître qu’il s’agit d’une magnifique entreprise.
Voici son programme :

3 madeleines :

– BACH Cantate 51 par Harnoncourt
– DEBUSSY Prélude à l’Après-Midi d’un Faune (Krivine).
– BACH Choral « Ich Ruf’ Zu Dir » (Lipatti)

Autres :

La Vie : STRAUSS Ouverture de la Chauve Souris par La Chambre Philharmonique

L’Amour : SCHUMANN Seit ich ihn gesehen de L’Amour et la Vie d’une Femme.
(Lorraine Hunt)

La Mort : SCHUBERT Das Wirtshaus du Winterreise par D. Fischer Dieskau et
G.Moore

Beethoven historique :

Böhm – Allegretto de la 7ème symphonie
Weingartner – Eroïca Premier mouvement