Emmanuel Faber, retrouver le sens de l’économie

Non, tout n’est pas forcément noir ou blanc. Entre la finance folle, les sub-primes, la barbarie, et l’insupportable pauvreté, le chômage, les suicides, il y a une autre voie où le grand capital peut devenir humain. Il ne s’agit pas de charité, de bonne conscience ou de communication habile, mais de rendre du sens à l’économie. L’intérêt général n’est pas seulement l’apanage des Etats vertueux, cela peut-être aussi le but d’une vie en société, une prise de conscience individuelle et collective, que l’on soit simple citoyen ou patron d’une multinationale. C’est le sens du livre d’Emmanuel Faber, vice-président de Danone, qui aime la montagne, qui écoute et joue Chopin, qui a travaillé avec Mohammed Yunus (le fondateur de la Grameen Bank, le micro-crédit au Bengladesh) qui a lu Kant et Christian Bobin… La culture n’est pas forcément synonyme de partage. Certains grands dirigeants pratiquent la dichotomie entre ce qu’ils aiment et ce qu’ils font. Ils aiment leur chien, leurs enfants, leurs livres et se fichent pas mal de ce qui se passe autour. Emmanuel Faber n’est pas dans ce mélange de sentiment sélectif et de cynisme social. Il croit en l’Homme, il croit que chacun peut être utile et il montre l’exemple au sein de sa société. Sa démarche n’est pas sentimentale, elle est pragmatique. De la même manière qu’un Daniel Barenboïm pense que vouloir le bien des Palestiniens, c’est faire le bien des Israéliens. Sa pensée peut paraître utopique, elle est pourtant évidente pour peu qu’on ait l’honnêteté de voir les choses en face, en profondeur, à long terme et qu’on refuse d’épouser une idéologie caricaturale en choisissant de façon simpliste l’un des deux clans opposés qui, l’histoire l’a prouvé, mènent tous deux à la barbarie. Chemins de traverse (Albin Michel)
Voici son programme :

1. Vivaldi : dans le stabat mater, le « eia mater » (2’40)

2. Deux extraits de Chopin :
– nocturne n8, op 27 n2 (deuxieme partie a partir de la mesure 26, soit
environ a partir de 1’45)
puis
– le final (30 ») de l’etude n4 op10 par Cziffra

3. Granados : danse espagnole n11 en sol mineur pour piano (extrait a
prendre : premiere minute, avant retour au theme)

4. Bellini : dans I Capuletti e i Montecchi « O quante volte »
dans l’enregistrement Deutsche G 2006 avec Anna Netrebko

Trois « madeleines »:

1. « On the floe » (4mn) – Jerome Lemonnier (BO du film « Au dela des
cimes ») :

2. Mediterranean nights. CD piste n13. « Hasta Pronto » 4’28.

3. Rite de Pâques byzantin (Evangile de la passion).
Hagia Sophia Kabarnos Panos
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