Emanuel Ungaro, l’élégance du coeur

C’est le pianiste Jean-Efflam Bavouzet qui m’a suggéré d’inviter Emanuel Ungaro : « Il adore la musique et il en parle merveilleusement. » Profitant d’une défection de dernière minute d’un invité, je lui aussitôt lancé ma demande. Il m’a rappelé en me faisant part de sa nervosité : n’était-ce pas trop court pour préparer ? « Je suis un perfectionniste », m’a-t-il soufflé comme s’il avouait un vice caché dont il ne pouvait se défaire. Et puis, finalement, ayant appris que j’étais Marseillais, il s’est dit qu’en tant qu’Aixois nous aurions forcément des points communs.
Emanuel Ungaro parle avec grâce et profondeur de tous les sujets qui le touche : l’art, la musique, la mode, la création. Sa très grande sensibilité rend la moindre de ses pensées frémissante. Son évocation de l’émission de Jean Witold, qu’il écoutait immobilisé dans un lit d’hôpital, était particulièrement émouvante. Et quelle belle modestie pour un homme qui demeure l’un des princes de la haute-couture.
Voici son programme :

– VERDI La Forza del Destino – ouverture Solti

Les madeleines

– ALBINONI Adagio pour orgue et instrument à corde
– Funiculi Funicula – chanson populaire napolitaine
– PUCCINI La bohème – Pavarotti Freni (la rencontre) « Che gelida manina »

La vie

– J.S BACH Magnificat – introduction
– SCHUBERT Le chant du cygne – Peter Schreier
– BARTOK Piano concerto n.3 – Bavouzet Boulez (pour la
bravoure et la fidélité)

L’amour
– VERDI Othello – Vickers
duo d’amour Othello Desdemona « Gia nella notte densa »
– MONTEVERDI Orfeo
Air d’Orfeo: Sol per te Bel Euridice benedico il mio tormento….
– WAGNER Tristan – duo de ferveur amoureuse acte II

La mort
– J.S BACH Cantate Ich habe Genug – Fischer Dieskau