Electricité : des coupures de courant pourraient avoir lieu cet hiver

Il faut s’attendre à un hiver tendu sur le front de l’approvisionnement en électricité en France. Des coupures de courant pourraient même avoir lieu a averti hier la ministre de l’Ecologie Barbara Pompili. Le réseau français est sous tension à cause notamment du Covid 19.

 

Covid 19 : des opérations de maintenance des centrales nucléaires n’ont pas été faites lors du premier confinement

L’épidémie a des conséquences assez inattendues. Le confinement du printemps dernier a totalement désorganisé le calendrier habituel des opérations de maintenance du parc nucléaire français. Thomas Veyrenc est le directeur de la stratégie et de la prospective de RTE, le gestionnaire du Réseau de Transport d’Electricité : « un certains nombres de salariés qui travaillaient sur la maintenance des réacteurs nucléaires n’ont pas pu se rendre au travail donc ça a ralenti les opérations de maintenance. Certaines d’entres elles ont été décalées à l’été ou au début de l’automne mais il y a des règles strictes qui font que certaines n’ont pas pu être décalées et donc on a davantage de réacteurs à l’arrêt en février ».

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Un nombre inhabituel de réacteurs seront donc indisponibles en février prochain. Or, c’est généralement la période du pic de consommation en France et le pays dépend toujours à plus de 70% du nucléaire. EDF et le gouvernement se sont réorganisés et ont repoussé des opérations de maintenance, économisé du combustible cet été pour cet hiver. Les mois de décembre et de janvier devraient donc se passer sans encombre mais la situation risque d’être tendue en février, surtout en cas de vague de froid qui durerait plusieurs jours. RTE devra à ce moment-là inciter les français à consommer moins, via le dispositif d’alerte Ecowatt qui permet de favoriser les écogestes. C’est le premier levier mais ça ne suffira peut-être pas alerte Thomas Veyrenc : « après avoir sollicité l’ensemble des gestes citoyens, on peut interrompre un certain nombre spécifique de grandes industries, de sites préalablement identifiés à cet effet. Le derniers recours c’est des coupures d’électricité temporaires, anticipée, localisée et pas pour les consommateurs sensibles ».

 

L’électricité française dépend à 70% du nucléaire, les énergies renouvelables ne peuvent pas encore assurer le relai

Dans le scénario étudié par RTE, toutes les sources de production ont été mobilisées : les centrales au charbon, au fioul. Traditionnellement, en hiver, la France importe du courant de ses voisins mais en cas de froid sur toute l’Europe ça ne suffira pas. Quant aux énergies renouvelables, les éoliennes notamment, rien ne dit qu’elles seront opérationnelles à ce moment-là. Jacques Percebois professeur à l’université de Montpellier, spécialiste de l’énergie explique ces limites : « le problème des renouvelables c’est que ce sont des centrales non pilotables, c’est-à-dire des centrales qui injectent sur le réseau indépendamment de la demande, ça dépend du soleil, du vent. Mais s’il y ni vent ni soleil, on ne peut pas compter dessus. Dans l’état actuel des choses il faut compter sur les centrales pilotables, c’est-à-dire le nucléaire, les gaz, à charbon et éventuellement l’hydraulique de barrage »

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Au-delà de la crise sanitaire et du confinement, le réseau français est sous tension structurellement, en tout cas les 3 prochaines années. La centrale de Fessenheim s’est arrêtée en début d’année, les centrales thermiques sont en train de fermer et en parallèle, le développement de l’éolien offshore prend du temps. De plus, l’EPR de Flamanville n’injectera de l’électricité au mieux qu’en 2023.

Ecoutez 3 minutes pour la planète de Baptiste Gaborit 

 

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