Electre/Oreste : tragédies et violences à la Comédie Française par Ivo Van Hove

Après l’immense succès des Damnés, le metteur en scène belge Ivo van Hove revient au Français avec deux pièces d’Euripide racontant l’histoire d’Électre et Oreste, unis dans la vengeance contre leur mère Clytemnestre et son amant Égisthe. Une tragédie grecque pour raconter la vengeance aveugle et radicalisée

Cette création relate le célèbre épisode de l’histoire des Atrides

Cette création relate le célèbre épisode de l’histoire des Atrides, le dernier d’un long cycle de crimes et de représailles familiales : celui d’Electre et Oreste qui s’allient pour laver la mort de leur père Agamemnon, tué à son retour de Troie par sa femme Clytemnestre et son amant Egisthe. Ivo Van Hove s’intéresse à la violence de la vengeance de ce frère et de cette sœur, qui reclus ou exilé, ont laissé grandir en eux une haine dévastatrice régissant désormais leur existence. Évoluant sur une scène boueuse et glissante, ils fomentent leur crime terrible : le matricide. Plus ils déclament avec virulence et ferveur leur devoir de vengeance, plus ils pataugent et s’enfoncent dans la boue. Tuer leur mère, perdre leur humanité et devenir des sanguinaires exaltés tout en se proclamant justiciers, voilà le destin de ces jeunes gens incarnés par Suliane Brahim et Christophe Montenez. Les deux comédiens se jettent à corps perdu dans ce magma boueux et sanguinolents et électrisent le plateau, parfois un peu trop… Difficile d’être toujours justes dans les cris et les vociférations.

Pour encourager le chaos et la montée de la haine, des percussions placées en fond de scène viennent enfiévrer les esprits, donnant parfois lieu à des danses endiablés, presque incantatoires

Aucun doute, nous sommes dans le Fatum, annonciateur du fanatisme et de l’odeur du sang.

Malgré un jeu parfois poussé à l’excès, il faut saluer cette tragédie d’Euripide mise en scène par Ivo van Hove qui pose cette question ultra actuelle du droit à la violence. Œil pour œil, dent pour dent ? Une maxime qui ne mène à rien d’autre qu’au crime perpétuel.

 

Pour réserver, c’est ici 

 

Margot Delattre

 

Plus d’articles sur les coups de cœur de Radio Classique :