Edouard Molinaro, une crème d’homme

1. Quel homme délicieux, cet Edouard Molinaro ! Sûr qu’il a dû déployer des montagnes de diplomatie, de finesse et de psychologie pour parvenir à tourner autant de films, sans avoir à rougir d’aucun, avec de tels monstres sacrés sous sa direction : Lino Ventura, Jeanne Moreau, Annie Girardot, Michel Serrault, Jacques Brel, etc. Mais mieux qu’un diplomate futé et retors à la Talleyrand, il a dû être honnête et vrai, car les grands acteurs ont des antennes supersoniques et savent très vite déceler la flagornerie en lieu et place de talent.
Au cinéma, il s’est illustré dans tous les genres, plus soucieux de bien raconter une histoire, quelle qu’elle soit, que de couler une oeuvre dans le marbre (qui ne vient pas toujours de Carrare). D’ailleurs, le « marbre » dans le jargon journalistique désigne le rebut pour les articles qui peuvent attendre et qui finissent parfois à la corbeille. Edouard Molinaro a préféré agir qu’attendre ou se lamenter. Comme c’est un artisan émérite, et un auteur, quoiqu’en aient dit ces grands messieurs de la Nouvelle Vague, nous lui sommes tous reconnaissants d’avoir passé de bons moments. On érige des statues et l’on donne des décorations pour beaucoup moins que ça.
2. Pas de mauvais esprit, chère Françoise. Je voulais simplement dire qu’on se doit de justifier ses avis et pas d’agir comme un roi dédaigneux qui jette sa mauvaise humeur en trois mots. Quant au message en anglais, nul besoin de le censurer, tout le monde peut ainsi voir l’intolérance à visage découvert. C’est même pédagogique à ce degré-là.
Voici le programme d’Edouard Molinaro :

La symphonie Fantastique – 5e mvt « Nuit de sabbat » Berlioz
Dans les steppes de l’Asie Centrale. Borodine
Jeux d’Eaux. Ravel
La Barcarolle des Contes d’Hoffmann. Offenbach

Vieilles chansons
”C’est la saison d’amour” Yvonne Printemps
Le Plat Pays Jacques Brel
Maurice Chevalier « Oh that Mitzi » http://www.youtube.com/watch?v=tRxW8iS6oPo