D’un Schönberg l’autre

 Olivier Bellamy et Claude-Michel Schönberg sur Radio Classique

Qui savait que le compositeur des Misérables et celui du Pierrot lunaire étaient rattachés par un lien de parenté ? C’est Pierre Boulez qui doit bien rigoler (ou pleurer, c’est selon). Au-delà de l’anecdote, rappelons que celui qui s’est fait connaître grâce à la musique (formidable) de La révolution française (avec les Martin Circus, cela ne nous rajeunit pas) a des racines ukrainiennes avec un grand-père né à Vienne et un père né à Budapest. Mittel-Europa, quand tu nous tiens ! Claude-Michel a levé son chapeau sur les derniers quatuors d’Arnold, ce qui suffit à prouver qu’il possède une solide culture musicale.

Mais le compositeur de comédies musicales et le compositeur tout court sont séparés par le même fossé qui distingue le journaliste de l’écrivain : l’un écrit à la commande, l’autre parce que c’est sa respiration quotidienne. Ainsi le piano est le « meilleur ennemi » de l’auteur du Premier pas. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir fait son miel de ce conseil de Richard Strauss à Georg Solti (confié par ce dernier dans l’Euro-Star) : « Imaginez que les chanteurs parlent ». D’ailleurs, les plus grands instrumentistes ne se contentent pas de chanter, ils parlent avec leur piano ou leur violon.

Pour Claude-Michel Schönberg, la musique est indissociable d’une histoire. Cela dit, tous les compositeurs n’écrivent pas de la musique descriptive ou narrative. C’est ainsi qu’en relisant les excellentes Notes sur Chopin d’André Gide,  j’ai savouré le moment où l’écrivain affirme que si Schumann part souvent d’une image ou d’un sentiment qu’il transcrit en notes, Chopin au contraire part des notes et laisse le sentiment l’envahir… Et de conclure : Schumann est un poète, mais Chopin est un artiste.

Etonnant aveu de Claude-Michel Schönberg qui s’identifie, non à Cosette ou à Jean Valjean, mais à Javert. A cause de sa pureté, qualité qui exclut les « bons sentiments », lesquels selon Gide (toujours lui) ne donnent pas de bonne littérature. Gide qui rappelle que Chopin (qui n’était pas ce que l’on peut appeler un « gentil ») est sans doute le musicien le plus pur de toute la musique.

Voici son programme :

-Par dessus tout: Richard Strauss Im Abendrot (the four last songs)

extrait car très long (ouverture ou la fin)

  version de Luccia Popp

  -Madeleines: 1) Prélude acte I  de Lohengrin de Wagner

Entrée de Madame Butterfly  de Puccini « Spira sul mare » (Acte I)

What I say de Ray Charles

 -Sélection classique: Chopin Concerto N°2 pour piano : Larghetto par Evgeny Kissin

Fantasia pour piano choeurs

et orchestre  de Beethoven par Evgeny Kissin

Stille Tranen op. 35 n° 10 de Schumann par Jose Van Damm

(Extrait du Maître de musique)

Faure  In Paradisium (Requiem)

Guillaume Tell de Rossini : Liberté redescends des cieux (Finale)