Disparition de Theo Adam

Le grand baryton-basse s’est éteint jeudi 10 janvier à l’âge de 92 ans

Né en 1926, Theo Adam était le dernier survivant de cette fabuleuse génération de barytons allemands – aux côtés de Dietrich Fischer-Dieskau et Hermann Prey – dont la carrière prit un fulgurant essor après la guerre. A seulement vingt-trois ans, cet ancien membre d’une chorale d’enfants fait ses débuts à l’opéra de sa ville natale de Dresde dans l’ermite du Freischütz, avant d’intégrer la troupe du Staatsoper de Berlin en 1953. Aussitôt remarqué par celui qui préside alors aux destinées du festival de Bayreuth, Wieland Wagner, il n’aura de cesse de se produire sur la colline sacrée, enchaînant cinquante années durant les grands rôles wagnériens. Theo Adam se consacre à la mise en scène à partir de 1972, en parallèle à sa carrière de chanteur qui le conduit aux quatre coins du monde (Royal Opera House de Londres, Metropolitan Opera de New York, San Francisco Opera, Staatsoper de Vienne, festival de Salzbourg).

Baryton-basse pour les français, Heldenbariton pour les allemands, Theo Adam était réputé pour l’étendue de sa tessiture, laquelle lui permit d’incarner des rôles de basses (Pogner, Ochs, Pizarro) comme de barytons (Wotan, Sachs). Son legs discographique s’en fait le fidèle reflet : citons le cycle des Cantates de Bach avec Karl Richter (Archiv), Paulus de Mendelssohn avec Kurt Masur (Philips), sans oublier les grandes figures wagnériennes dans lesquelles son art du chant, noble et hiératique, excellait : Hollandais volant du Vaisseau fantôme (Warner) et Wotan de la Tétralogie (Philips) avec Karl Böhm, Hans Sachs des Maîtres chanteurs avec Herbert von Karajan (EMI).