Disparition de Jean Guillou

Le grand organiste s’est éteint samedi 26 janvier à l’âge de 88 ans

Jean Guillou était un musicien complet : organiste, pianiste, compositeur, transcripteur, improvisateur et enseignant. Le critique musical du Figaro Clarendon vantait « son art à la fois séduisant et impressionnant, qui transcendait la tradition sans jamais lui être infidèle. »

Né à Anger en 1930, Jean Guillou suit les classes d’Olivier Messiaen, Marcel Dupré et Maurice Duruflé au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, avant d’être nommé, en 1963, titulaire des Grandes Orgues de Saint-Eustache. Il le restera jusqu’en 2015. Créateur protéiforme, on lui doit sept concertos pour orgue et orchestre ainsi que des combinaisons originales de l’orgue avec piano, percussions, cuivres, flûtes ou voix. Sa contribution au répertoire organistique a repoussé les limites techniques de l’instrument, notamment à travers ses nombreuses transcriptions d’œuvres de Liszt, Moussorgsky, Stravinsky, Tchaïkovsky ou Prokofiev.

Il fit part de ses réflexions sur l’orgue et sur la musique dans ses ouvrages L’Orgue, souvenir et avenir (Symétrie, 2010) et La Musique et le Geste (Beauchesne, 2012). L’enseignement qu’il dispensait depuis plusieurs décennies de par le monde, et notamment trente-cinq années durant aux Master-class de Zürich, a fait école en formant de nouvelles générations d’organistes.

Au sein de son importante discographie entamée dès la fin des années 1960, épinglons la série que lui consacra le label Augure, ainsi que ses deux intégrales de l’œuvre pour orgue de Jean-Sébastien Bach chez Dorian et Philips