Denis Tillinac, l’ombre d’un doute

1. La foi en bandoulière, Denis Tillinac musarde dans son Dictionnaire amoureux du catholicisme entre l’église de Saint-Germain des Prés et Avila, salue joyeusement Chateaubriand et Mauriac, retourne sur les traces des Croisades et rend hommage à Godefroy de Bouillon, évoque respectueusement l’érudition théologique de Benoît XVI, dévoile les racines chrétiennes de Tintin, dépeint Don Quichotte comme un héros crucifié… Un gai savoir qui nous relie à l’histoire de notre civilisation, sans chicaneries ni repentance, mais avec émotion (la Vierge de son enfance).
Il parle peu de Dieu, mais retrace l’épopée de l’Eglise romaine, des premiers martyrs aux aurores nouvelles. Il rappelle que « le doute est l’ombre de la foi » ou que « savoir et piété ont toujours gagné à faire bon ménage. » Sans cacher les erreurs et les crimes de l’histoire de la chrétienté, il tient à en souligner les beautés, les grandeurs, jusque dans ses personnages les plus humbles.
Certes, on peut écouter Bach ou Mozart comme de la musique pure, admirer Fra Angelico pour ses couleurs, mais il manquera toujours une dimension spirituelle essentielle pour comprendre le message de ces grands artistes.
2. Chère Erica, vous n’avez pas compris ce que voulait dire Denis Tillinac et ce que j’ai écrit. Il n’est pas question d’avoir la foi pour mieux comprendre Bach ou Monteverdi. Il est simplement question de ne pas éluder cet aspect essentiel de leur message pour comprendre ce qu’ils voulaient nous dire profondément. A chacun ensuite de l’accommoder à sa propre esthétique, sa propre vision du monde, sa foi ou sa non foi. Il n’est pas question de dire que ceux qui non pas la foi sont moins profonds que les autres : Fauré était incroyant, cela ne l’a pas empêché d’écrire l’un des plus beaux requiems de l’histoire de la musique. Il s’agit simplement de connaître, de savoir et de ne pas éluder parce que cela ne répond pas à l’idée qu’on s’en fait. La beauté des Evangiles n’est pas seulement réservée aux croyants. C’est un texte fondateur de notre civilisation, qu’on le veuille ou non.
Voici son programme :

Le Dialogue des Carmélites « Salve Regina » (J. P. Marty)
Pour les « madeleines » :
. Deuxième Rapsodie hongroise de Liszt (Cziffra)
. Une Valse de Chopin – la Valse Brillante
. Saint Louis Blues par Louis Armstrong

Pour les 5 « classiques » :
. Concerto de Torelli par André Bernard à la trompette
. Veni creator en grégorien
. Tantum ergo en grégorien
. Début de La Sonate à Kreutzer (titre de Tolstoi aussi) de Beethoven par
Ivry Gitlis
. Sonate de Scarlatti par Chu Fang Huang

Pour « Les deux ou trois mélodies d’amour » :
. It’s now or never par Elvis Presley.
. The young ones par Cliff Richard