David Kadouch entre solitude et musique

On parle souvent de la solitude des pianistes comme d’une fatalité en oubliant que pour certains c’est leur nature solitaire qui les a jetés dans les bras du piano. L’aveu que nous a fait David Kadouch est très significatif : enfant, il n’avait pas d’amis. Non qu’il soit particulièrement sauvage, au contraire, mais il y a du moine chez ce garçon totalement dévoué à son art depuis son plus jeune âge, comme chez les futurs écrivains qui ne trouvent nul plaisir à se mêler aux meutes bruyantes et à la brutalité des groupes de garçons dans les cours de récréation.
Le pianiste François-René Duchable nous avait également confié qu’il n’aimait pas les conversations à plusieurs, forcément superficielles, et qu’il préférait les face-à-face intenses avec une seule personne à la fois.
Cette solitude n’est pas forcément un vide, elle peut être une compagne, comme dans la chanson de Barbara, l’ami nécessaire du créateur ou de l’artiste pour lui permettre d’aller au plus profond de lui-même et de préserver son authenticité.
Sans en être conscient, David Kadouch a spontanément construit un programme autour de musiciens d’exception qui, chacun avec sa nature propre, sont totalement investis dans leur art, au point de ne pas pouvoir supporter la pression qu’ils s’imposent à eux-mêmes et de refuser, parfois, les conditions dans lesquelles doit s’accomplir leur destin.
Le voici :

4 oeuvres classiques
Quintette de Schumann (Kadouch / Ardeo) 4e mvt
Cecilia Bartoli, Sacrificum: Parto, ti lascio, o cara* [Arminio] from Act
II of Germanico in Germania
Argerich-Chailly, Gewandhausorchester Leipzig: Concerto de Schumann (1er
mouvement)
Maria Joao Pires: Schumann. Bunte Blatter op.99 n.1

3 madeleines
Bashkirov: Schubert Impromptu op.90 D.899, No.3
Barbara: La solitude (Album: Barbara)
Nina Simone: Just in Time (album: the tomato Collection)