Dave, enfin !

J’ai rencontré Dave pour la première fois au théâtre des Champs-Elysées, il y a trois ou quatre ans, lors d’un concert d’Hélène Grimaud. Françoise Hardy nous a présentés. Nous avons vaguement parlé musique. Sans plus. Bizarrement, j’étais un peu timide avec lui. Je l’ai revu après un concert de Thomas Dutronc à La Cigale, qui était absolument formidable : drôle, charmant, sincère, potache, léger. Tout le monde s’est retrouvé dans un bar que nous avons mis une heure à trouver. Au milieu d’une sympathique cohue, on nous a servi à boire et à manger à la bonne franquette. Je me suis retrouvé à la même table que Dave et Jean-Noël Mirande. Comme ces deux lascars se connaissent très bien, cela nous a été assez facile de converser. J’ai proposé à Dave de venir faire l’émission. Ce qu’il a accepté sans se faire prier. Quand il m’a envoyé sa liste d’oeuvres, j’ai été épaté par sa culture musicale. Le Sextuor n° 1 de Brahms par Stern et Casals, il faut s’y connaître un peu. La voici en entier, telle qu’il me l’a envoyée :

Brahms: Sextuor pour 2 violons,2 altos et 2 violoncelles n°1 en si bémol Op.18 avec e.a. Pablo Casals et I.Stern

Tchaikovski : Casse Noisette « Pas de Deux » (acte 2 scène 3)

Villa Lobos : « Bachiana Brasileira n°5 par Mlle Bidu Sayâo

Fauré : Pavane (op.50)

Puccini : Tosca « E Lucevan Le Stelle »par B.Gigli

Bellini : Norma « Ma di’…Oh non tremare » par J.Sutherland/M.Horne/Pavarotti

Ravel : trio pour piano violon violoncelle (Bof de « Un Coeur en Hiver » de C.Sautet)

E.Satie : 3 Gymnopedies

Bach : Mattheuspassie (en néerlandais!!!) 72 et 78

Gershwin : Porgy and Bess « Oh Bess, oh Where is my Bess »

je suppose que la discothèque de Radio Classique a tout cela (sauf évidemment le « Bach en néerlandais » que j’apporterai…

Les 3 madeleines que je vous amène :

Roberto Murolo « Raziela Mia »

Gilbert Bécaud « Toi L’Oiseau »

Ledbelly : « There’s a man going round taking names »

Malheureusement, et pour une raison inexplicable, nous avons eu beaucoup de mal à trouver une date. Par ma faute. Quelquefois le sort s’acharne. Et c’était le cas : une fois, le studio n’était pas libre, une autre fois, j’ai eu un empêchement, après il y a eu un malentendu… Bref, on a eu du mal. J’ai craint de le froisser. Dave est d’une politesse exquise et pratique l’auto-dérision en maître, mais c’est une défense. Gare à ceux qui le prennent au mot sottement ou qui en profitent. Je me suis excusé vingt fois sur tous les tons. Il me répondait toujours sur un ton amusé en signant : « votre chanteur batave préféré » ou « Dave, vieille icône du siècle dernier ». …

J’aime beaucoup l’émission qu’on a faite. Le programme est bon, le ton est naturel. Je crois que j’ai dit que le Concertgebouw était dirigé parRiccardo Chailly alors que c’est Mariss Jansons maintenant. Un moment de distraction que j’espère les auditeurs ont su me pardonner. Dave n’a pas osé me reprendre par bonne éducation alors qu’il m’a semblé le voir très légèrement tiquer. Décidément, quelle classe !

Olivier Bellamy