Covid-19 : « On a vraiment des éléments pour penser qu’il faut aussi vacciner les enfants » assure Odile Launay

Odile Launay, infectiologue à l’hôpital Cochin, à Paris était l’invitée de Renaud Blanc ce lundi 17 janvier. Après s’être montrée très prudente sur la vaccination des enfants, pointant le rapport bénéfice risque, elle estime que les données dont on dispose aujourd’hui sont rassurantes sur ce point. Elle rappelle également qu’avec Omicron le nombre d’enfants hospitalisés a augmenté.

Odile Launay : « Les modélisateurs de l’Institut Pasteur sont assez rassurants sur le fait que les choses devraient s’améliorer »

Renaud Blanc : Le Paxlovid, un médicament contre le Covid-19, donnerait des résultats encourageants et devrait arriver en France à la fin de janvier. Est-ce une bonne nouvelle ?

Oui, c’est une bonne nouvelle, en particulier pour les gens qui répondent moins bien à la vaccination. On va le proposer aux personnes immunodéprimées et aux plus âgées en plus de la vaccination et des anticorps monoclonaux pour limiter encore leur risque de faire une forme grave. Cela ne remplacera jamais la vaccination, qui est vraiment ce qu’il y a de plus efficace pour diminuer le risque de faire des complications d’une maladie infectieuse, mais c’est quelque chose qui arrive en plus dans l’arsenal pour lutter contre ce virus.

On était pratiquement dans les dernières 24h à 280 000 contaminations. C’est un petit peu moins que les derniers chiffres qui montaient jusqu’à 350 000. Est-ce que selon vous on a atteint un plateau ? Comment voyez-vous l’évolution de la déferlante omicron ?

Dans les hôpitaux, [le nombre de patients admis pour Covid] est plutôt en train de ralentir, y compris en réanimation, même s’ils sont encore pleins, ce qui les désorganise et les oblige à déprogrammer des patients. Nos collègues modélisateurs, en particulier de l’Institut Pasteur, sont assez rassurants sur le fait que les choses devraient s’améliorer. Je crois qu’il ne faut pas baisser la garde et rester extrêmement prudent.

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Vaccination des enfants : « on a voulu avoir le maximum d’informations »

On a à peu près 4 000 patients en réanimation. Aujourd’hui, ce sont des patients Delta ou des patients Omicron ?

Ce sont majoritairement des patients qui ont attrapé le variant Delta, qui risque beaucoup plus d’entraîner une forme grave et d’aller en réanimation. Concernant le variant Omicron, on l’a constaté au Danemark et au Royaume-Uni et on est en train de le voir en France, ce sont des patients qui, quand ils arrivent à l’hôpital, restent moins longtemps et ont moins de risque d’arriver en réanimation. Mais il y a quand même des patients Omicron en réanimation et là encore chez les gens plus fragiles.

Pourquoi la vaccination des enfants ne prend pas ?

La France a démarré plus tard la vaccination des 5-11 ans par prudence, puisqu’on a considéré que les enfants étaient moins à risque de faire des formes graves. On a voulu avoir le maximum d’informations pour mesurer ce fameux rapport bénéfice risque. Aujourd’hui on a les données, en particulier américaines, qui montrent que ce vaccin ne pose pas de problème particulier et qu’il est efficace. Il est efficace, notamment pour protéger contre les formes inflammatoires qu’on voit chez les enfants. Omicron circulant de façon vraiment très importante, on a aussi vu en France ce qui était attendu, une augmentation du nombre d’enfants hospitalisés. On a vraiment des éléments pour penser qu’il faut aussi vacciner les enfants.

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