Connaissez-vous Daniel Lozakovitj ?

Le nouveau « poulain » de Deutsche Grammophon

Visage poupin et raie portée sagement sur le côté, le violoniste virtuose Daniel Lozakovitj vient d’entrer dans sa seizième année. A lire sa flatteuse notice biographique, on se méprendrait à ne voir en lui qu’un enfant prodige de plus, c’est-à-dire l’une de ces nombreuses étoiles filantes qui luisent une saison au firmament du ciel musical. Il est vrai que son CV en ferait rougir plus d’un : natif de Stockholm, c’est dans la capitale russe qu’il fait ses premières armes comme instrumentiste sous l’aile de Vladimir Spivakov et son Orchestre de chambre « Les Virtuoses de Moscou », avant de confirmer son talent en jouant sous la direction de Valery Gergiev lors du concert de clôture du dernier Festival de Pâques moscovite. Son activité de soliste le mène aux quatre coins du monde (il sera cet été de nouveau à l’affiche du prestigieux Festival de Verbier), mais Daniel Lozakovitj ne délaisse pas pour autant le répertoire chambriste qu’il pratique régulièrement avec ses aînés Maxim Vengerov, Ivry Gitlis ou Daniel Hope. Ses musiciens préférés ? Bach, Vivaldi, Mozart, Tchaïkovsky, Bartók, et surtout Beethoven.

 

C’est d’ailleurs au compositeur de Fidelio que sera consacré son premier disque à paraître sous étiquette Deutsche Grammophon avec l’emblématique Concerto pour violon ; deux autres albums devraient suivre prochainement. Si notre jeune Suédois possède tous les traits d’un premier communiant, il ne doit pas oublier que les majors de l’industrie musicale, elles, ne sont pas des enfants de cœur : dans le cas où les ventes ne rapportaient pas les résultats escomptés, la direction du prestigieux label jaune se dessaisirait de ses services à l’image de ceux du violoniste David Garrett, un temps élevé sur le pavois, puis remercié du jour au lendemain. On tendra d’ici là une oreille attentive au premier enregistrement de cet artiste à qui tout semble réussir.