Claude Allègre, un électron libre

Claude Allègre a payé le prix fort de sa liberté de parole en étant contraint de démissionner du gouvernement Jospin après avoir tenté de « dégraisser le mammouth ». Cet homme politique, bien peu politique, a toujours préféré dire les choses telles qu’il les sentait plutôt que d’aller dans le sens du poil. « Au risque de me tromper », a-t-il reconnu. En France, on aime les électrons libres, mais on leur dénie dans le même temps d’user de leur droit de parole. Curieux paradoxe.
Peu avant l’émission, Claude Allègre me confiait son admiration des enseignants qui, préférant se référer à l’esprit des textes plutôt qu’à la lettre (laquelle change en fonction de l’air du temps), arrivaient à d’excellents résultats sans trop se préoccuper des programmes. On confond trop souvent l’égalité des chances avec l’égalité de traitement ! « Le drame de notre éducation, c’est qu’elle vise l’uniformité, alors que son succès réside dans la diversité », me confiait-il. Cela me fait penser à Mozart qui écrivait les cadences de ses concertos pour les mauvais pianistes, incapables d’imagination, tandis que les meilleurs préfèrent improviser. Il y aura toujours des critiques pour reprocher aux pianistes qui improvisent dans cette partie conçue précisément pour l’improvisation et qui sont bien plus proches de l’esprit de Mozart que ceux qui prétendent défendre sa dépouille.
Quand l’égalité devient un dogme – comme la laïcité – et non plus un idéal, on en arrive au contraire du but recherché et l’on oublie au passage la liberté et la fraternité.
Voici son programme :

– Tchaïkovski : concerto pour violon L.Kogan (1er mvt)
– Beethoven : sonate pour piano n° 12 par A.Brendel
– Schubert : Sonatine n°2 pour violon et piano
– Mozart : concerto pour piano n°23, 2ème mouvement

Madeleines :

– Brassens : « Gastibelza »
– Jean Ferrat : « La montagne est belle »
– Yves Montand « : « Le temps des cerises »

La vie : Ouverture du Trouvère : air de Ferrando : « Abbietta zingara » Verdi

La mort : Air du Saule « Piangea cantando… » d’Otello de Verdi

L’amour : Duo « Parigi o cara » de la Traviata par Villazon et Netrebko