Christophe Malavoy devient Céline

1. Certains acteurs « défendent » leur personnage avec une embarrassante ferveur d’avocat. Du coup, ils oublient d’être, ils plaident, et s’éloignent de la vérité. Sans une once d’ego, avec un furieux talent d’écrivain, Christophe Malavoy se glisse dans la peau de Louis-Ferdinand Céline, sans dissimuler ses zones d’ombre, sans l’excuser, sans le glorifier, sans l’expliquer. Il l’incarne. Du coup, l’écrivain maudit se révèle dans sa nudité, sa complexité, son génie, ses souffrances, et toute polémique devient vaine, déplacée, ridicule.
Dans son programme musical, il a fait, sans s’en rendre compte, l’éloge de la légèreté, de la grâce. Il nous rappelle que l’art est un don de soi où la vanité n’a nulle place. Que la recherche du bonheur est une « fausse route ». Vous voulez être « heureux » ? Cessez de rechercher le bonheur ! Vivez ! Un ange passe.
2. Les pianistes célèbres sont-ils heureux ? Pas sûr. Boris Berezovsky nous a dit à la fin de l’émission qu’il lui était agréable de parler des pianistes qu’il aime. Sous-entendu : plus que de jouer. Le don de soi n’est pas chose facile, ce n’est pas une sinécure. A la question : « Pourquoi certains pianistes fascinent-ils plus que d’autres ? », Ivo Pogorelich avait répondu : « Tout est une question de regard, d’attitude. »
3. Le père de Mendelssohn ne s’est pas converti au protestantisme « pour ses affaires », mais pour s’intégrer, lui et sa famille, dans la société allemande. Il a même abandonné la banque après sa conversion. Felix Mendelssohn a été plus luthérien que de raison, avec la rage des convertis. Ce sont les nazis qui, en interdisant sa musique, l’ont ramené à ses origines.
Voici son programme :

3 Madeleines
– Casse-noisette de Tchaïkovski
– La musique du film de Jour de Fête de Tati.
– La valse n°9 de Chopin.

5 Classiques:

– Aïda Acte 2 – Gloria all Egitto
– Johann Stauss Polka d’Anne. Op 117
– Benjamin Britten Simple Symphonie (1er mouvt )
– Laudatum des Vêpres solennelles de Mozart par Barbara Hendrix

La vie : JS Bach Concerto pour violon en sol mineur BWV 1056 Largo
La mort : Prologue Sept paroles du Christ de Charles Gounod
L’amour : Nocturne n°2 de Chopin