Christine Ockrent (suite)

En réponse aux deux commentaires parus sur ce blog après l’émission de Christine Ockrent, qui me mettent personnellement en cause sur un sujet aussi grave que le conflit israélo-palestinien, je tiens à préciser plusieurs faits, qui certes font l’objet de controverses.

1.    Au sens géopolitique du terme, la « Palestine » désigne l’Etat palestinien revendiqué par l’Autorité palestinienne et reconnu par 94 Etats. Lorsque Christine Ockrent a parlé du « double passeport » de Daniel Barenboïm, j’ai tenu moi-même à préciser que son passeport palestinien n’est que symbolique puisque l’Etat palestinien n’existe pas officiellement.

2.    Lorsque vous évoquez, chère Carol Giels, 1 000 morts côté israélien depuis le début de la seconde Intifada, ils sont en fait 1 045. Chaque vie humaine est trop précieuse pour qu’on puisse se permettre d’en oublier. Que vont penser ces 45 familles en deuil que vous passez sous silence ? Mais puisque vous avancez des chiffres, il faut aller jusqu’au bout et évoquer les 4 458 morts côté palestinien.

3.    Comme le répétait Daniel Barenboïm à ce micro dans Passion Classique : la solution à ce conflit ne peut pas être militaire et ne peut que découler d’un dialogue équilibré. Comme il l’écrit dans son livre La musique éveille le temps (Fayard) : « Si l’Etat d’Israël veut avoir une place permanente au Moyen-Orient, il doit en devenir une partie organique, conscient de la culture qui y préexistait, au lieu de prétendre, comme il l’a trop longtemps fait, que c’était un désert, inculte de surcroît. Pour sécuriser l’avenir d’Israël, les Israéliens doivent ouvrir leurs oreilles à la culture arabe. Ce n’est pas dire qu’Israël doit renier ses origines européennes, mais plutôt que cet héritage serait enrichi et renforcé s’il était juxtaposé à l’héritage moyen-oriental. Si Israël reste fermé à l’influence intellectuelle et culturelle de ses voisins, il restera un corps étranger au Moyen-Orient, ce qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour la longévité de l’Etat. »

Voilà ce qui s’appelle, à mon sens, « élever le débat » en s’appuyant sur « le bon sens et la raison ».