Cecilia Bartoli, mission accomplie

Avec modestie et finesse, Cecilia Bartoli n’a pas d’autre prétention que de servir la musique et le compositeur. Si certains la désignent comme une missionnaire de l’art, ce n’est pas ainsi qu’elle se voit. Abonnée aux triomphes populaires comme aux critiques parfois rudes, elle poursuit son grand bonhomme de chemin portée par le sérieux dans le travail, l’humour et la gentillesse qui la caractérisent.

Loin de courir le succès facile, elle vous déniche toujours des compositeurs et des oeuvres peu connus, construit ses albums comme de véritables oeuvres d’art et s’emploie à les défendre avec passion.

Son hommage à Tito Schipa, qui était l’idole de son père, me touche infiniment. Tout comme son désir de célébrer Vladimir Horowitz comme un « chanteur » et d’admettre qu’il l’a influencé. On se souvient d’Alfred Brendel rappelant qu’il avait pris ses plus grandes leçons de piano… de la part de chanteurs et non de pianistes. La boucle est bouclée. Cecilia Bartoli ne la « boucle » pas. Et c’est tant mieux puisqu’elle chante et enchante son public.

Voici son programme :

Tito Schipa : Una furtiva lagrima (Donizetti)
Aureliano Pertile : A te o cara (Bellini)
Caruso : air napolitain
Mozart : Trio Soave (Cosi fan Tutte / Karajan)
Horowitz : Sonate en fa mineur de Scarlatti