Callas, les images de la légende

« La Callas » a bouleversé l’art lyrique du XXe siècle et reste, encore aujourd’hui, l’une des cantatrices les plus célèbres de tous les temps, à la fois par le timbre de sa voix, son registre de près de trois octaves, sa grande virtuosité alliée à un phrasé unique et, enfin, son talent de tragédienne. Au-delà de l’interprète hors norme, Maria Callas, la « diva » personnifiée, est devenue un mythe, tant par la réussite exceptionnelle de sa vie professionnelle que par sa vie privée mouvementée. Retour en sept photos sur un destin hors norme.

1 – Des débuts étincelants

Fille d’immigrés grecs, Maria Callas grandit aux Etats-Unis et apprend de la chanteuse espagnole Elvira de Hidalgo les bases du bel canto. En 1947, Callas rencontre le chef d’orchestre Tullio Serafin qui devine vite les extraordinaires possibilités de la jeune diva. En Italie, il fera de Maria « la Callas ». C’est l’époque où elle entame une diète sévère pour affiner sa silhouette (ci-dessus).

2 – La reine de la Scala

En 1951, Maria Callas fait ses débuts à La Scala de Milan, où elle remporte un triomphe. Durant les années cinquante, elle y sera dirigée, dans des productions taillées pour elle, par Herbert von Karajan, Franco Zeffirelli et, surtout, Luchino Visconti. Le réalisateur du « Guépard » reconnaîtra plus tard que voir la Callas sur scène lui avait donné l’envie de mettre en scène des opéras (Ci-dessus, dans  » Iphigènie en Tauride » mis en scène par Visconti à la Scala en 1957).

3 – Une tragédienne exceptionnelle

Maria Callas s’impose rapidement comme une tragédienne sans égale, en valorisant l’approche du jeu d’acteur, jusqu’alors relégué au second plan. Cette recherche de la vérité dramatique, qui lui fait adopter des accents rauques, un vibrato des plus éloquents, des colorations de timbre d’où le « beau son » est accessoire, la distingue de ses concurrentes. Callas ouvre ainsi au chant des horizons nouveaux en affirmant que l’opéra, c’est aussi du théâtre.

4 – Renalta Tebaldi, sa « rivale »

Tout opposait la grande soprano italienne Renata Tebaldi à Callas : une voix pure, une vie sans histoire, un jeu d’actrice emprunté. Mais, en dépit de leur rivalité exacerbée par les médias, les deux femmes s’estimaient beaucoup, et Tebaldi fut (au téléphone) l’un des derniers soutiens moraux de Maria Callas. (Ci-dessus : Renata Tebaldi, Rudolf Bing, directeur du Metropolitan Opera de New York, et Callas.)

5 – Une icône de la mode et de la presse

Désormais star internationale, soignant sa mise après avoir perdu plus de 30 kilos, Maria Callas fréquente la jet-set et pose complaisamment pour les magazines branchés. Incarnation-même du style européen, son allure lui vaut le titre de « femme la plus élégante du monde » en 1957.

6 – Devant la caméra de Pasolini

Il existe peu de documents filmés de Callas. Le seul véritable témoignage visuel de son talent d’actrice et de tragédienne est le film  » Médée » de Pasolini, tourné en 1969, où elle ne chante pas. Elle s’y révèle d’une stupéfiante beauté, statue de chair brûlée par le soleil et consumée par la jalousie. Une grande complicité naquit entre les deux artistes, étonnante histoire d’amitié entre le poète anarchiste et la grande bourgeoise romantique !

7 – Son amour fou pour Onassis

La diva entame une idylle tourmentée avec le richissime armateur grec à l’été 1959. Éperdument amoureuse, Maria Callas délaisse les contre-ut pour les cocktails mondains et les nuits blanches. Le 5 juillet 1965, elle quitte la scène lyrique, avec Tosca, le rôle de ses débuts. Onassis, lui, s’éloigne lentement. En 1963, il a rencontré Jackie Kennedy. Anéantie de chagrin, la Callas s’isole dans son appartement de l’avenue Georges-Mandel (Paris XVIe), où elle décèdera en 1977, à l’âge de 53 ans. Elle fut incinérée au cimetière du Père-Lachaise ; la ville de Paris lui rendit hommage en 2000 en baptisant allée Maria-Callas une voie longeant l’avenue Georges-Mandel.