Brigitte Engerer, marraine des Elections et notre reine à tous

1. Brigitte Engerer était malade deux jours avant l’émission. En ce moment, elle répète et joue en Belgique. Lundi, elle sera sur la scène de Pleyel… Mais elle a tenu à venir au studio bien qu’encore un peu souffrante. Elle avait promis ! Voilà ce qu’on peut appeler une très grande dame. « Ne m’embrasse pas ! » m’a-t-elle simplement dit en arrivant alors que je voulais la prendre dans mes bras. Elle avait peur de me refiler ses microbes. Après l’émission, elle était en pleine forme. Prête à jouer trois concertos et des partitas de Bach entre chaque ! Elle m’a sauté au cou comme une jeune fille. Oubliés les microbes. L’adrénaline les avait tués net. Voilà un artiste !

Cela me rappelle une histoire qu’aimait raconter Jean-Claude Brialy. Un jour, le comédien Pierre Brasseur, qui aimait un peu trop la bouteille, était en retard à la répétition. On est allé le chercher. Il est arrivé avec une gueule de bois terrible, tenant à peine debout. Ses camarades étaient consternés, mais il est monté sur scène, a ouvert la fenêtre factice qui donnait sur un mur, a respiré à pleins poumons comme s’il était à Val d’Isère, a refermé la fenêtre dans un silence de mort et s’est exclamé, subitement frais comme un gardon : « Alors, on y va ? »

2. « Bidonnée » l’émission de Clémentine Célarié ? Comment peut-on être aussi malveillant ! On aime ou on n’aime pas cette merveilleuse comédienne, et tout le monde a le droit d’exprimer ses réserves de manière sincère et sensible, mais s’il est une chose qui ne fait pas l’ombre d’un doute, c’est sa franchise et son honnêteté. Les deux seuls morceaux qu’elle n’a pas choisis sont : Carmen et La Périchole et je l’ai dit à l’antenne. C’est par pudeur et modestie que Clémentine Célarié n’a pas voulu mettre en avant sa glorieuse descendance Halévy, mais je pensais que c’était bien qu’on le sache. Elle ne connaît pas Cosi fan Tutte de Mozart ! Est-ce un crime ? Elle a eu la franchise de l’avouer. D’autres n’ont pas d’aussi délicats scrupules. Faut-il en profiter pour suspecter quelque chose de louche ? J’avoue que ce commentaire me révulse. Il me semblait que ce qui nous rapprochait autour de ce blog, c’était justement le partage, la générosité, la bienveillance à l’égard de ceux qui avouent ne pas tout connaître, mais qui aiment passionnément ce qu’ils connaissent et qui ont la fraîcheur de vouloir découvrir. La culture, c’est la curiosité, pas l’arrogance. En promotion ? Oui, certainement. Mais pas pour une lessive, pour une pièce classique de Goldoni, qui est un chef-d’oeuvre et qui est jouée à la perfection. Est-on « en promotion » lorsqu’on partage ce qui nous fait vibrer au plus profond de nous ? Et l’expression « faire des ménages » est déplacée. Cela signifie qu’on est payé, ce qui n’est évidemment pas le cas lorsqu’on est invité à une émission de radio. C’est même insultant et cela trahit la petitesse de celui qui l’emploie. Désormais, je ne répondrai plus à ce genre de commentaires, mais je tenais à lever le doute auprès de ceux qui sont fidèles à l’émission. C’est si facile et si bas de salir.

Voici le programme de Brigitte Engerer. Comme je l’ai dit à l’antenne, il était composé (excepté les madeleines) des morceaux des Elections classiques. Est-ce « bidonné » là aussi ?

Tchaïkovski : Les Saisons (Engerer)

Madeleines

Schubert : Impromptu n° 3 op. 90 (Fray)

Mozart : Concerto n° 23 (finale) Perahia

Kabalevski : Concerto n° 3 (finale)

Programme :

Mélodie d’Orphée de Gluck-Sgambati (Kissin)

« Rêverie » de Schumann (Engerer)

Première Romance sans paroles de Mendelssohn (DiLuka)

Brahms : Concerto n° 1 (finale) par Gilels

Beethoven : Sonate « Pathétique » (2e mvt) par Kempff

« Campanella » de Liszt par Cziffra