Boris Berezovsky, il est passé par ici, il repassera par là

Les grands artistes nous donnent de grandes émotions en concert… et quelques frayeurs dans la vie. Alors que Boris Berezovsky attendait sagement l’heure de Passion Classique dans nos locaux, lisant, baguenaudant, bavardant pendant une bonne partie de l’après-midi, il a soudainement disparu à 17 h 40. Nous l’avons cherché partout, inspectant plusieurs fois de suite les toilettes, fouillant les moindres recoins. Nada ! Le fait qu’il avait laissé toutes ses affaires (cartes de crédit, livres, partitions, argent) dans un sac plastique, sur une table, nous a indiqué qu’il y avait peu de chances (élémentaire, mon cher Watson !)pour qu’il se soit sauvé en courant, pris d’un trac irrépressible et insurmontable. Véronique, Justine et Charlotte, nos fins limiers, se sont lancées sur ses traces et ont écumé le moindre bistrot, le moindre boui-boui dans des rues coupe-gorge du quartier Saint-Lazare. Finalement, il a franchi à nouveau le seuil de la radio à 18 h 40, pensant de bonne foi bénéficier de vingt minutes d’avance avant de passer sur le gril. Tout le monde a pu enfin respirer. A quand des bracelets électroniques pour les pianistes en goguette ?
Quant à son programme, ce ne fut pas une mince affaire de l’obtenir puisque les morceaux ont été choisis à la dernière minute par notre tsar et star du piano.
En bref : Shura Cherkassky, Vladimir Sofronitzki, Stasnislav Neuhaus, etc.