Bertrand Chamayou, déjà grand et toujours doux

 Olivier Bellamy et Bertrand Chamayou sur Radio Classique

Il a toujours l’air d’un lutin qui sort de la forêt. Ses doigts se promènent comme des elfes sur le piano, mais la tête dirige tout et le coeur est bien accroché. Bertrand Chamayou s’est retrouvé sur le devant de la scène grâce à son talent. Il a parfois l’air étonné d’être là. Drôle de métier que celui de pianiste concertiste. Si la musique vous prend comme une mer (Baudelaire), le trac vous attrape comme une lame de fond et l’on aimerait se noyer, l’espace d’un instant, plutôt que de saisir le gouvernail et que vogue la galère !

Un artiste veut être aimé. Mais il doit prendre garde à ne pas tout plier à ce sentiment. Sinon, il devient l’esclave du désir des autres et ne retrouve plus sa personnalité. Ce fut un joli aveu dans l’émission. Quand on ne possède pas cette arrogance naturelle, cette soif de conquérir, il faut trouver en soi d’autres armes pour s’imposer. Accepter ses fragilités et servir la musique. Une vie n’est pas de trop pour apprendre à dompter ses peurs et continuer d’avancer.

Voici son programme :

Un morceau de musique classique qu’il aime par dessus tout.

         Beethoven : quatuor à cordes op.131 en ut # mineur. Si possible disque EMI quatuor Alban Berg.  (à diffuser soit le début, ou mieux si possible l’avant-dernier mouvement « adagio quasi un poco andante »

– 3  « madeleines » musicales

                -Beethoven : 1er mouvement de la sonate « à Thérèse » (n°24 en fa#). Disque de Wilhelm Backhaus – DECCA

                -Ravel : noctuelles (extrait des miroirs). Disque Nimbus avec Vlado perlemuter

                -Messiaen : un extrait des « 7 haïkaï » ou de « couleurs de la cité céleste » dirigé par Pierre Boulez, disque Montaigne concert des 80 ans de Messiaen au TCE.

– 6 à 7 morceaux de musique classique.

                – Schubert : divertissement à la hongroise. Disque TELDEC avec Andreas Staier et Alexei Lubimov, pianoforte à 4 mains.

                – Mahler : finale de la 4ème symphonie. Disque DG avec Leonard Berstein, et Helmut Wittek, voix d’enfant.

                -Schumann: un extrait des Kreisleriana (3ème morceau) ou bien « l’oiseau prophète » par Alfred Cortot.

                -Dukas : la plainte au loin du faune, ou bien le premier mouvement de la sonate pour piano, par Jean-François Heisser (mon ancien professeur) chez Harmonia Mundi

               – Mozart : final du concerto en la Majeur K414 par Murray Perahia (Sony)