Bernard Kouchner « La gauche française est morte »

Ce matin à 8h15 sur Radio Classique

Bernard Kouchner, ancien ministre des Affaires étrangères

Invité de Guillaume Durand

« La gauche française est morte »

Extraits :

A propos de l’état de la Gauche

« On peut se demander ce qu’il reste des idées socialistes et s’il reste une gauche socialiste ; si l’addition de ses contradictions peut faire quelque chose pour la France. Il y a deux genres de socialistes, ceux qui veulent gouverner et ceux qui veulent rester dans l’opposition. »
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« Il y a un mouvement européen qui fait que tout le gauchisme se brise et n’arrive pas à mobiliser un pays. Des propositions excessives ne le mobiliseront pas. »
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« La division du parti socialiste induit le danger pour ce dernier de ne pas passer le premier tour. »
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« L’enjeu aujourd’hui est de définir la gauche : est-ce qu’elle a des idées adaptées au temps ? Est-ce qu’elle peut faire du bien à la France et comment ?

A propos de Macron

« La pratique partisane ne suffit plus, il faut être ouvert aujourd’hui. »
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« Il y a des réformes nécessaires que la gauche et la droite tentent de mener à bien chacun de leur côté, mais on peut le faire d’une autre façon. La gauche française est morte de ne pas avoir vu le temps passer, le monde tourner. Cette confrontation entre deux visions du Parti socialiste va profiter à Macron qui ouvre à la fois la porte et la fenêtre. »
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« Macron témoigne de l’esprit d’ouverture nécessaire, le seul qui est adapté à notre temps. »
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« Nous attendons ce programme, en attendant il ameute le foule en créant de la convivialité avec du sérieux. »

A propos de l’affaire Fillon

« La recherche de la petite bête, ce n’est pas bien. Pour l’avoir connu, je sais son intégrité. Au parlement français, il n’est pas interdit de travailler avec sa famille. On ne demande pas de résultat, on donne de l’argent au député et il en fait ce qu’il veut. C’est la loi. »
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« Nous sommes aujourd’hui dans un système d’inquisition permanente. »

A propos de l’Europe (des valeurs)

« Lorsque nous avons refusé d’accueillir les migrants, que nous les avons laissés mourir en mer, l’Europe se fracassait. Nous avons pris 5 000 réfugiés là où madame Merkel en prenait 1 000 000. »
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« L’immense majorité musulmane en France condamne Daesh. Il faut s’en servir et ne pas la stigmatiser. »

A propos du décret anti-immigration de Trump

« Cela ne convient pas avec la recherche de la paix, objectif de l’ONU. Il met de l’huile sur le feu et c’est très dangereux. Il y aura évidemment une aile très dangereuse, une alliance très contre-nature : Iran, Turquie, Poutine, Trump et Bachar. Nous ne jouons aucun rôle là-dedans. Ce n’est pas la faute de Hollande qui avait accepté l’utilisation des armes chimiques en Syrie quand Obama avait posé son veto. »