Bernadette, elle est très chouette !

Ah, Bernadette Lafont. L’un des miracles (prénom prédestiné) du cinéma français avec sa bonne bouille, ses yeux rieurs, son articulation chantante, sa grâce, sa gaîté. La Nouvelle Vague a eu sa Arletty !

Permettez-moi de retranscrire ici le compliment de François Truffaut pour sa chère camarade. Je l’ai abrégé à l’antenne et surtout (écriture patte de mouche oblige) un peu écorché :

« C’est toujours avec émotion que je retrouve Bernadette Lafont, son nom ou son visage, sa silhouette fixée dans un magazine ou son corps ondulant dans un film car, bien que je sois son aîné, nous avons débuté le même jour de l’été 1957, elle “ devant ” la caméra, moi “ derrière ”. Le titre du film inscrit sur le clap était les Mistons. Le cinéma tenait Bernadette Lafont et ne la lâcherait plus. Vingt fois, trente fois je l’ai revue sur l’’écran artiste fantaisiste et rigoureuse en même temps, jamais démagogique, droite chandelle jamais vacillante, toujours vaillante, jamais éteinte. Quand je pense à Bernadette Lafont actrice française, je vois un symbole en mouvement, le symbole de la “ vitalité ”, donc de la vie.  » (1984)

Bernadette Lafont a un rapport joyeux quoique distant à la musique. Elle préfère la littérature et a donc besoin de silence. Mais ses choix étaient judicieux. Ravel, Moussorgski, Stravinsky, Franck. Un mélange franco-russe de très bonne tenue. Avec Nino Rota pour apporter un sourire très légèrement mélancolique pour la fin.

Voici son programme :

Sonate de Franck : 1er mvt (Kremer, Maisenberg)

Madeleines

Danse du sabre de Katchaturian

Berceuse du Rêve bleu (Rita Ketty) au refrain

Pelléas et Mélisande (scène de la fontaine Mélisande, au début : « ou je me jette à l’eau… » Irène Joachim

Programme

L’oiseau de feu de Stravinsky (passage le plus connu)

La valse de Ravel

Erik Satie : Viens chochotte (pas chanté)

Bernadette Lafont : La folle complainte (Trénet) ou Si tu t’imagines

Nino Rota : Amarcord

Bartok : Danses roumaines

Rameau : pièce pour clavecin

Barbara : Moi j’m’en balance (La fiancée du pirate)