Benjamin Millepied et autant d’oreille

1. Certains fidèles de ce blog regrettent que les invités n’ont tous la même connaissance de la musique. On peut se plaindre aussi que le soleil ne brille pas tous les jours ! Mais l’on peut aussi aimer un jour de pluie, trouver du charme à une journée venteuse et prendre plaisir à la lumière particulière d’un temps gris. Avec une émission quotidienne, il est impossible de recevoir un Didier van Cauwelaert tous les soirs (pour citer un invité qui a été particulièrement apprécié récemment par le noyau dur). Je rappelle aussi que le principe de l’émission est de découvrir une personnalité à travers ses goûts musicaux. Ce qui est intéressant dans Passion Classique, ce n’est pas d’entendre du Pierre Boulez ou un extrait d’une symphonie de Brahms, c’est de comprendre quel rapport chacun entretient avec la musique. Certains invités nous semblent proches, d’autres moins. C’est merveilleux de s’identifier à un invité qui partage vos inclinaisons. Mais si l’on n’aimait que les gens qui avaient les mêmes goûts que nous, la vie serait ennuyeuse, non ?

Ne pas connaître la musique en profondeur est un reproche que l’on ne peut pas adresser à Benjamin Millepied. Ce jeune danseur et chorégraphe de très grand talent la ressent dans sa chair, dans ses membres et dans son coeur depuis son plus jeune âge. Etoile au New York City Ballet, il a été nourri au lait de George Balanchine, qui était sans doute le plus musicien de tous les chorégraphes. En lisant la partition d’une symphonie de Tchaïkovski, il était capable de la transcrire à vue sur son piano. C’est Fayçal Karoui, chef français et directeur musical du New York City Ballet, qui m’a présenté Benjamin Millepied. J’ai tout de suite été séduit par son intelligence et son sens artistique très aigu. Parler de danse et de musique n’est pas facile à la radio. Mais le jeune Bordelais a su magnifiquement évoquer les rapports à la fois intenses et ambigus qui rapprochent les deux disciplines pour le meilleur et parfois pour le pire.

2. On me parle de Jean d’Ormesson, auquel j’avais songé pour la Journée du Bonheur sur Radio Classique (mercredi 25 novembre). Le pétillant académicien m’a assuré qu’il se ferait une joie de venir l’année prochaine à l’occasion de la sortie de son prochain livre. Je pense que vous ne serez pas déçu par la venue de notre grand Gabriel Bacquier. A propos, qui pour vous incarne le bonheur ?

3. Pendant la trêve des confiseurs, au moment des fêtes, nous vous proposerons des rediffusions. Vos propositions sont les bienvenues. Les émissions de Noël et du Nouvel An seront des « originaux ». J’ai pensé à Georges Prêtre pour le 31 (il dirigera à nouveau le concert à Vienne le lendemain !) Pour le 24, j’ai une petite idée…

 4. En décembre, notez sur vos agendas la venue de Charles Aznavour le jeudi 3. Parmi les musiciens, nous retrouverons Alexandre Tharaud le 26 novembre, Philippe Jaroussky le 10 décembre et plein de surprises. Notamment le pianiste Ivo Pogorelich qui nous accorde un entretien en exclusivité alors qu’il ne s’est pas exprimé depuis près de vingt ans.

5. Amélie Nothomb ne veut toujours pas venir. Que faut-il faire ?

Voici le programme de Benjamin Millepied :

Jussi Biörling et Robert Merril :  » Au fond du temple saint »  (Pêcheurs de perles de Bizet)

Madeleines

Rampal : Partita pour flute en la mineur « Allemande »  de Bach

Doudou n’dyae : percussions

Paco de Lucia (flamenco)

Programme

Michelangeli : Ballade no 1 de Chopin

Annie Fischer : Sonate Appassionata de Beethoven

Petrouchka de Stravinsky ( Boulez, Cleveland ) « danse des cochers »

Bach : Chaconne par Szeryng

Schubert : Voyage d’hiver  par D. Fischer Dieskau

Kreisleriana de Schumann par Martha Argerich

Léo Ferré : Est-ce ainsi que les hommes vivent ?