Benjamin Griveaux « 2/3 des personnes qui viennent à nos meetings n’ont jamais mis les pieds à des meetings politiques ! »

Ce matin à 8h15 sur Radio Classique

Benjamin Griveaux, Porte-parole d’Emmanuel Macron
Invité de Renaud Blanc

« 2/3 des personnes qui viennent à nos meetings n’ont jamais mis les pieds à des meetings politiques ! »

Extraits :

A propos de Marine Le Pen et du débat d’hier sur France 2

« Si on regarde les enquêtes, elle est la favorite avec un socle électoral solide. J’ai regardé la prestation qu’elle livrait hier, je l’ai trouvée dangereusement efficace, ne rentrant jamais dans le détail, ne donnant aucun financement, aucun chiffrage de son projet. (…) Elle s’adresse aux peurs des Français. Elle joue la stratégie de l’angoisse et en même temps elle ne dit pas ce que sera demain sa manière de gouverner. Elle ne dit que peu de choses finalement sur la sortie de l’Euro ou des traités européens. Donc beaucoup d’inconnues sur une hypothèse Le Pen qui l’emporterait au second tour. (…) Aujourd’hui en tout cas et si l’on en croit les enquêtes depuis 2 ans, elle est au second tour. (…) Et puis vous avez des enquêtes mais aussi la colère des gens. L’ambiance actuelle de défiance à l’égard de la classe politique s’est accrue durant ces 10 dernières années et elle en est le réceptacle… »

A propos de Marine Le Pen accusant la « gauche du fric»

« Ça fait 40 ans qu’on a quelqu’un de la famille Le Pen candidat à l’élection présidentielle et on a compris qu’avec la nièce dans les 20 prochaines années ce serait encore le cas. C’est la caricature de l’héritière en politique, elle n’a jamais eu à se battre, elle a hérité d’un parti, elle a très peu travaillé, elle n’a travaillé en tant qu’avocate que 2 ans, elle ne met pas les pieds au parlement européen et elle est payée par le Parlement européen pour faire sa campagne présidentielle. Emmanuel Macron n’a pas de revenu de mandat. Je trouve étrange que pendant la campagne présidentielle ceux qui sont députés, députés européens, continuent de toucher leurs indemnités parlementaires alors qu’ils ne mettent plus les pieds au Parlement et n’y travaillent plus et qu’ils font campagne, sur les fonds publics.»

A propos du succès d’Emmanuel Macron

« Je ne dirai pas qu’on marche sur l’eau mais on marche, ce qui est déjà un bon début pour un mouvement qui a 9 mois. On a réussi à susciter un peu d’enthousiasme, un peu d’optimiste. Moi ce qui me réjouis c’est que dans nos réunions – et on en tient 1000 par semaine en ce moment partout en France – les gens viennent avec le sourire et l’envie de débattre, de parler politique, ce qui est assez rassurant. »
(…)
« On a une pratique assez inhabituelle pour les mouvements politiques (…) : après les meetings politiques, on envoie un questionnaire de satisfaction (…) et 2/3 des personnes qui viennent à nos meetings n’ont jamais mis les pieds dans un meeting politique ! C’est ça aussi le renouvellement : c’est le fait d’intéresser la société civile et de la faire revenir dans des meetings. C’est aussi, dans le cadre des législatives qui auront lieu après l’élection présidentielle, de présenter plus de la moitié de nos candidats qui n’ont jamais exercé de mandats parlementaires.

A propos du programme d’Emmanuel Macron

« Il a, et à maintes reprises, expliqué quelle était la démarche qui est la sienne, c’est d’abord une vision. (…) Je ne suis pas certain que les Français aillent lire les 300 mesures de l’un ou de l’autre. Ensuite il a égrené un certain nombre de propositions, dans le domaine du travail, de l’éducation, de la santé. On s’est amusé à les recenser hier nous sommes à 60 ou 70 mesures très concrètes – l’écologie hier, la culture la semaine dernière. Il y aura à la fin du mois de février ou au début du mois de mars la présentation de ce qu’il appelle le « Contrat avec la nation ». Ce sera le contrat que le président de la République portera devant les Français et qui engagera les candidats à l’élection législative qui seront sous l’étiquette En Marche. Le cadrage budgétaire et financier sera présenté en fin de semaine prochaine et début mars la totalité du contrat avec la nation.
(…)
Je pense que les deux grands partis s’affaissent car ils n’ont pas fait de clarification idéologique depuis 20 ans. Vous avez en France une droite sociale libérale européenne et une droite plus souverainiste, plus anti-européenne, plus conservatrice sur les questions de société et de la même manière à gauche vous avez des fractures sur le modèle économique et social et les questions européennes. Ça fait 25 ans qu’ils ne règlent pas ces sujets-là. (…) J’aimerais qu’on me dise quel est le programme sur la santé de François Fillon. Il explique qu’il va supprimer 500 000 fonctionnaires il ne dit pas où. Qu’il nous dise sur quelle ligne politique il va concourir à cette élection présidentielle. Quant à Benoît Hamon il est dans la même difficulté, je ne vois pas demain des députés qui ont été légitimistes pendant le quinquennat et qui ont voté la loi El Khomri aller expliquer devant les marchés, un tract dans la main, qu’ils vont détricoter dans six mois ce qu’ils ont fait l’année d’avant. Les Français n’y croiront pas : il y a un problème de sincérité et de cohérence. »

A propos d’ Emmanuel Macron et du quinquennat de François Hollande

« Macron a dit à maintes reprises qu’il assume tout ce qu’il a fait lorsqu’il était à Bercy. Il a regretté de ne pas avoir pu aller suffisamment loin sur certains sujets mais il était ministre de l’économie, il y avait un premier ministre et un président de la République qui tranchaient les questions et c’est normal, c’est la hiérarchie gouvernementale. (…) il assume tout ce qui a été fait mais aussi les succès qui sont ceux de la Loi Macron. Il a été beaucoup moqué pour les bus. Ça montre une forme de mépris à l’égard des gens, En France avant vous aviez 150 000 Français qui prenaient le bus – c’est 15 millions en Allemagne si vous voulez faire le rapport – aujourd’hui c’est 4 millions de personne. (…) Ça crée quelques milliers d’emplois, c’est insuffisant, mais c’est là. Et c’est en partant du réel qu’on saura reconquérir les Français et pas en étant dans un débat idéologique.»

A propos de François Fillon

« Je n’ai pas à commenter les affaires de la droite. Nous ce que l’on souhaite c’est débattre projet contre projet et finalement c’est la seule chose qui doit intéresser les Français. »

A propos des législatives et de la place des députés socialistes qui rallient En Marche
« Il y a deux conditions : le soutien ne vaut pas infléchissement de la ligne et de l’offre politique. Et deux, le soutien ne vaut pas une investiture aux prochaines législatives. »

A propos de l’indépendance financière des élus

« Moi je n’ai jamais dépendu financièrement de mes mandats ni d’un poste politique, c’est là sans doute la grande différence. Vous savez vous avez des gens dans les grands partis qui sont très sincères et qui ont une activité professionnelle à côté, qui ont connu la vie de l’entreprise, qui ont créé des entreprises, qui ont une vie associative, qui sont dans le domaine de l’économie sociale et solidaire. Ça ce sont des profils qui nous intéressent. Malheureusement, aujourd’hui on est passé d’une République des hauts-fonctionnaires à celle des assistants parlementaires ; vous êtes collaborateurs d’élus à vie et vous ne récupérez son mandat que quand il part à la retraite. Nous ce qu’on souhaite c’est d’avoir une Assemblée nationale plus à l’image de la société française. »

A propos de Benjamin Griveaux

« Je préfère nous voir comme une bande de jeunes gens dynamiques et je préfère ça à Mélenchon qui est quelqu’un qui après avoir passé 25 ans au Sénat est resté dans le monde d’avant. Nous on parle à l’ensemble des Français, on ne s’adresse pas au monde politique. (…) Vous voyez bien que la décrépitude des grands partis posent quand même un problème d’intérêt à la vie publique »

A propos de la candidature de Bayrou

« On trace notre chemin mais ce que je note c’est que nous avons des gens qui nous soutiennent issus du MODEM et de l’UDI. La démarche lancée par Emmanuel Macron trouve un écho dans l’électorat qu’on appelle centriste.»