Barbet Schroeder, rétrospective intégrale en sa présence au Centre Pompidou jusqu’au 11 juin 2017

Né en 1941 à Téhéran, Barbet Schroeder sera l’enfant de Langlois et de la cinémathèque française. Dès son arrivée à Paris, il découvre le cinéma, milieu autour duquel il fait de nombreuses rencontres et noue rapidement des amitiés. En 1963, il fonde alors la maison Films du Losange qui a vocation à produire les réalisateurs en herbe.
Alors qu’il fait partie de la Nouvelle Vague, Barbet Schroeder va toutefois se démarquer par son œuvre. Cette dernière s’ancre ici, à Paris, et ailleurs. Pour lui, « Chaque film est une aventure (…) Le cinéma, c’est la découverte (…) le plus souvent de l’Autre ».
En 1969, il réalise son premier film, « More ». Il y relate l’histoire embrasée d’un jeune étudiant allemand et d’une jeune américaine que l’avidité transporte proche des soleils, et qui finira tragiquement par les dévorer. La patte du réalisateur griffe alors déjà remarquablement l’écran.
Vers le milieu des années 70, son premier projet fiction aboutira à un documentaire, « Koko le gorille qui parle ». Il fait ensuite la rencontre de l’écrivain Charles Bukowski de laquelle naitra deux collaborations, les « Bukowski Tapes », et « Barfly » avec Faye Dunaway et un Mickey Rourke dans la peau de l’écrivain aux vapeurs d’alcool intempestifs et naufrageuses.
Mais c’est avec « Mystère von Bülow » que Barbet Schroeder connait le succès.

Avec 24 films au compteur jusqu’au court-métrage dont le Centre Pompidou est dédicataire à l’occasion de cette rétrospective, il présentera cette année au festival de Cannes « Le Vénérable W. », qui trace le portrait d’un moine bouddhiste aux penchants extrémistes. Le film sera projeté en avant-première au Centre le 7 Juin.

Le fil rouge de ses films, le questionnement dévoilé et à forme humaine. Chacun de ses films montre l’Homme, simplement, dans sa réalité, sa complexité. Le « mal » y est un thème récurrent, banal. Comme dans la vie.
Stan Silla