Après les mots bleus, la note indigo

La première fois que Christophe s’est manifesté, c’était sur ce blog. Il défendait je crois Alain Souchon ou Françoise Hardy, dont la prestation avait été égratignée par un auditeur. Je l’ai aussitôt prié de prendre le micro à son tour, ce qui a pris un certain temps, car Christophe est un animal sauvage, un dandy émotif et surtout un perfectionniste. Deux rendez-vous ont été pris puis décommandés, mais je savais qu’il viendrait un jour.

Il est un créateur de chansons qui ne ressemblent à rien de ce qui existe déjà sans être un instrumentiste aguerri et sans avoir appris la musique au conservatoire, mais son intuition, sa culture et son bouillonnement créatif compensent largement ses limites qu’il utilise comme un chemin de sa liberté. On pense à cette phrase de Mark Twain : « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ».

C’est un OVNI comme l’était Jan Sibelius dans le domaine de la musique écrite, savante et classique. Cela ne m’étonne pas qu’il ait choisi ce grand créateur finlandais solitaire pour ouvrir son programme. Le très formaté René Leibowitz parlait de Sibelius comme du « plus mauvais compositeur du monde ». Depuis, d’autres compositeurs, plus ouverts et plus généreux, comme Eric Tanguy par exemple ont clamé leur admiration éperdue pour ce géant du Grand Nord. Gustav Mahler a aussi eu du mal à s’imposer. « Mon temps viendra », assurait-il tranquillement à ses proches. Il ne s’est pas trompé.

On a longtemps cru que Christophe était un chanteur pour midinettes avant de reconnaître en lui (Les Inrock, Libé…) un créateur original et unique dans le domaine de la chanson populaire.

Voici son programme :

1/Sibelius, 5e symphonie in E flat opus 82 allegro molto (Herbert von Karajan)

Madeleines

1/duo Pavarotti/Lou Reed : Perfect Day

2/Diego Carrasco : Latero

3/ Zerkalo : When I was sick

Programme

2/Mahler, 9e symphonie : I.andante comodo (Nott)

3/Glück : Don Juan (finale) Allegro non troppo

4/Adagio de Barber, version Elephant Man (Previn)

5/Bellini : Norma Casta Diva (Anna Netrebko)

6/Schubert : Impromptu n° 3 op. 90 (Krystian Zimerman)

7/La Callas, La Wally, « ne andro lontano ebben »

8/Rachmaninov : piano concerto n°2 en si mineur opus 18