Annie Cordy, un grand bol de bonne humeur

Olivier Bellamy reçoit Annie Cordy sur Radio Classique

A l’heure où les humoristes sont devenus les censeurs modernes, Annie Cordy paraît décalée. Rendons-lui grâce pour sa générosité et sa gaieté. De refrain fantaisiste en comique « croupier », elle n’aura eu de cesse de mettre le sourire aux lèvres à ses contemporains sans se prendre au sérieux. Elle a été la frangine, la copine, puis aujourd’hui la mamie rigolotte des Français. Elle aurait pu être une grande comédienne archi moliérisée et césarisée (sa prestation dans « Le Chat » de Pierre Granier-Deferre, aux côtés de Gabin et Signoret, est étonnante). Sacha Guitry, qui ne se trompait guère, lui avait prédit une carrière à la Réjane. Mais elle a préféré les revues, les galas, les fêtes populaires, qu’elle a toujours assumés avec un grand professionnalisme, en travaillant comme une ouvrière, pour distribuer de la joie.
Comme les plus grands artistes nés dans le music hall, elle passe du texte au chant, avec le plus grand naturel. Elle possède cette insouciance, cette gentillesse, qui semblent venir d’un autre monde. Et pourtant, elle a eu son lot de peines et de douleurs. Mais ne s’est jamais plainte de rien. Question de tenue, de rigueur, et de morale : « Ça ira mieux demain ».
Dans ce torrent d’anecdotes, de rires et de souvenirs, on a pu sentir passer quelques silences émouvants. Et des révélations de taille : Benjamino Gigli, le ténors des ténors, adorait la Nini Cordy ! Ça vous en bouche un coin, hein ? Et l’évocation de Luis Mariano, de Bourvil… Deux anges passent.
Et puis une phrase qui sonne clair : « la retraite, c’est ce qui annonce la défaite. » Entre les lycéens qui pensent déjà à prendre leur retraite à 60 ans (par une solidarité surréaliste avec une génération, qui a alourdi la dette pesant sur leurs épaules, à force de refuser de voir que le monde avait changé) et un petit de bout de femme de 82 ans, qui continue de se lever chaque matin, en ignorant les douleurs de l’arthrite, pour faire le guignol, qui est le plus jeune ? Comme disait John F. Kennedy : au lieu de te demander ce que ton pays peut faire pour toi, pense à ce que tu peux faire pour ton pays.
Voici son programme :
Annie Cordy : Hello Dolly
Madeleines
Sombreros et mantilles par RINA KETTY
TINO ROSSI : Petit Papa Noël
Le french cancan dans Gaîté Parisienne d’Offenbach
Et aussi
Benjamino Gigli : Le Bal masqué de Verdi
Bourvil : Le Petit Bal perdu
Rêve d’amour de Liszt par ARTUR RUBINSTEIN
GERSCHWIN joue Rhapsody in Blue :http://www.youtube.com/watch?v=1U40xBSz6Dc
Glenn Miller : In the Mood
*les mélodies d’amour :  » stranger in the nigth  » par SINATRA
Louis Armstrong : « c’est si bon »