Alain Souchon rêve qu’il a dix ans

1. Avant tout, je salue le retour de Samuel Rosenfeld qui m’a fait pleurer de rire avec son dernier billet.
2. Je salue aussi ma camarade Eve Ruggieri qui me voit en « bonapartiste », elle qui fleure si bon l’Ancien Régime.
3. Alain Souchon reste égal à lui-même. Son attaché de presse – qui fait bien son métier – avait demandé à ce que ses trois « madeleines » soient issues de son dernier disque. Normal : ce sont des chansons enfantines que lui chantait sa mère à la maison. Mais la veille de l’émission, le chanteur baroudeur n’a pas souhaité apparaître comme quelqu’un avide de promotion et a rectifié le tir. Elégance. Pendant les morceaux, il me posait des questions sur les dernières nouveautés : « Et le dernier Mozart d’Hélène Grimaud ? Il est bien ? Ah bon, je vais l’acheter alors. » Il fait semblant de ne pas s’y connaître, de ne pas avoir grand chose à dire, d’être là par hasard. Mais il est vif, attentif à l’autre, sensible à tout. S’il voit son interlocuteur ouvrir la bouche, il s’arrête, s’excuse, écoute. Avec lui, la conversation prend les chemins de traverse, les petites routes de campagne, on prend le temps de poser les vélos, de cueillir des mûres, de flâner en mâchonnant des brins d’herbe, de regarder le paysage en se marrant parce qu’on trouve juste à dire que c’est beau, qu’on est bien. Le copain idéal, pas le type auto-centré ou obsédé par le rendement. Il rêve qu’il a toujours dix ans et on n’a pas envie de le contredire parce qu’au même moment, on sent qu’on en a onze et demi.
Voici son programme :
Simone (traditionnel québécois)
Impromptu de schubert no 3
Gymnopedie n° 1 de satie

Pour les madeleines musicales ,
Marche turque de Mozart
Palais royal d’Alain Chamfort
Il voyage en solitaire de Gérard Manset