Air France KLM : « Les organisations syndicales expriment beaucoup d’inquiétudes sur l’avenir de l’alliance » déclare Laurent Berger

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, était l’invité politique de la matinale ce vendredi 1 mars, à 8h15

 

Ascoval et Air France KLM : le devoir de veille de L’Etat sur la politique industrielle

« Les organisations syndicales d’Air France expriment beaucoup d’inquiétudes sur l’avenir de l’alliance ».  Laurent Berger a qualifié de « manœuvre inélégante » la prise de participation des Pays-Bas au capital de la compagnie. Il a cependant pointé la « naïveté » du nouveau PDG Ben Smith estimant que « les Néerlandais ont souvent regardé ce qu’il se passait à Air France avec beaucoup de circonspection ».

Au sujet d’Ascoval, le secrétaire général de la CFDT dénonce « le jeu de certains concurrents pour faire que cette aciérie ferme. Il faut retrouver un repreneur à Vallourec ». « Sur Ascoval, on ne peut pas dire que l’Etat ait été totalement inactif » reconnaît-il. Laurent Berger a insisté sur le fait que la puissance publique a « un devoir d’intervention et de veille sur la politique industrielle » tout en ayant conscience qu’elle n’avait pas tous les pouvoirs. « Le rôle d’un Etat est de créer des régulations. Prenons l’exemple de Ford. Quand une entreprise ne joue pas le jeu sur la question de l’emploi et de l’investissement sur le territoire, elle doit être redevable des aides publiques qui lui ont été versées » .

 

Les 3 angles de sortie du grand débat

Pour Laurent Berger : il y a 3 angles de sortie du grand débat. « Il faut tout d’abord des réponses sociales qu’on appelle le pouvoir de vivre : c’est le pouvoir d’achat, de se déplacer, d’être considéré et d’avoir des services publics ». Il poursuit : « Il faut une transition écologique plus affirmée » avec « une taxe carbone qui soit totalement déconnectée du financement de l’Etat et qui soit redistribuée pour aider les ménages ». Et il termine : « il y a un enjeu démocratique » en appelant à « une écoute de l’Etat de ce qui exprimé et qui révèle un pays très divisé ».

 

Assurance chômage : les dessous d’une négociation ratée

« Pendant toute la négociation, il a été question de petites phrases qui ont notamment braquées la délégation patronale qui ne voulait pas entendre parler de bonus-malus » a reconnu Laurent Berger. Il considère que les organisations patronales sont responsables de l’échec de cette négociation : « si elles étaient allées vers un dispositif intelligent de maitrise des contrats courts, on n’en serait pas là » a lancé Laurent Berger. Le patron de SFCT estime qu’il s’agit aussi d’un calcul du président « tout ça a été fait pour qu’on ne trouve pas un accord ».  conclu-t-il.

 

Les corps intermédiaires face la verticalité jupitérienne

« Il y a eu un exercice très vertical du pouvoir. Il n’est pas trop tard pour changer » a déclaré le syndicaliste à propos du président de la République. Le syndicaliste regrette « la profonde méconnaissance de ce que les corps intermédiaires peuvent apporter au pays ».  Selon lui, la vie politique ne se limite pas à la démocratie élective et à la démocratie participative. Laurent Berger estime qu’il est nécessaire d’avoir dans la société des corps constitués qui « portent des intérêts particuliers, qui se confrontent, qui hiérarchisent leurs propositions et qui sont capables de s’engager ».

 

Arthur Barbaresi