Agnès Buzyn « On tarife les médecins à la quantité. Je souhaite rajouter une tarification à la qualité et à la pertinence »

Ce matin à 8h15 sur Radio Classique

Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé
Invitée de Guillaume Durand

« On tarife les médecins à la quantité. Je souhaite rajouter une tarification à la qualité et à la pertinence »

A propos du tabac
« La fin du tabac c’est dans l’air du temps. La plupart des pays occidentaux réduisent considérablement le nombre de fumeurs grâce à des politiques très volontaristes. »
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« Les Etats Unis sont autours de 15 % de fumeurs, l’Australie autour de 13 %, même l’Angleterre qui était au même niveau que nous il y a 10 ans est aujourd’hui autour de 17 %, tandis que nous sommes autour de 32 %. »
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« Lundi nous augmenterons de 30 centimes le prix du tabac, puis 1 euro en plus l’année prochaine, et ainsi de suite. On fait des paliers de 1 euro pour que les gens comprennent que nous sommes dans une dynamique d’augmentation du prix et se préparent à arrêter. »
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« C’est pour laisser le temps aux fumeurs de trouver le bon moyen pour arrêter. »
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« L’augmentation faible on l’a connue et c’est de l’ordre de 10 centimes. On sait qu’une augmentation de 10 % du prix du tabac, c’est 4 % de fumeurs en moins. »
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« Nous allons renforcer considérablement au niveau des douanes la capacité à arrêter les trafics, nous allons renforcer au niveau du territoire les contrôles. Et puis il y a une directive européenne sur la traçabilité des tabacs qui vont nous permettre de mieux repérer les trafiquants. »

A propos du tiers payant
« L’idée c’est qu’il soit généralisable, c’est-à-dire accessible à tous dans un délai le plus court possible. »
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« Le problème aujourd’hui techniquement c’est que le tiers payant n’est pas faisable à la date qui était programmée pour le 1er décembre. »
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« Nous maintenons évidemment le tiers payant pour les populations de patients pour qui il est facile, pour qui cela marche, comme les personnes CMUC, les personnes qui ont l’accès à la complémentaire santé et les personnes qui sont en maladies chroniques. »
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« Dès que vous avez une complémentaire santé à coté, cela nécessite des adaptations techniques complexes que nous ne savons pas faire. Donc nous allons tout mettre en œuvre pour que ce soit techniquement simple à la fois pour les patients et les médecins. »

A propos des hôpitaux
« Aujourd’hui il est considéré que dans les pays développés, autour de 25% des actes et des prescriptions sont inutiles. »
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« Vous avez pleins de patients qui restent hospitalisés aujourd’hui dans des hôpitaux car ils ont un rendez-vous d’examen trois jours plus tard et en attendant on leur fait une prise de sang etc. Donc ce qui coûte très cher à la sécurité sociale, ce sont les raisons d’optimisations. »
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« Nous allons développer des systèmes informatiques compatibles entre la ville et l’hôpital de façon à mieux disposer de toutes les informations et nous avons demandé à tous les professionnels de s’interroger sur leur pratique car on voit souvent des prescriptions très longues, est-ce que chaque médicament est utile, est ce que chaque examen est nécessaire ? »
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« Je demande une prise de conscience de la part de la communauté médicale sur le fait qu’on peut faire mieux avec l’argent de la sécurité sociale. »
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« Nous avons en France la Haute Autorité de Santé dont le métier est de définir les normes et les pratiques sur des fondements scientifiques. Et nous allons demander à cette instance de nous faire des indicateurs de qualité des prises en charge et de définir ce qui doit être fait et ce qui ne doit pas être fait. »

A propos des études de médecine
« Je suis prudente sur les numerus clausus car quand on ouvre aujourd’hui les études de médecines à plus d’étudiants, ces étudiants sortiront sur le marché du travail et seront médecins dans 12 ans. Si on ouvre aujourd’hui plus de portes à la fac de médecine, les étudiants en sortiront en tant que médecins en 2030-2035. Or il se trouve qu’en 2030-35 nous aurons largement augmenté notre démographie médicale puisque nous avons déjà augmenté le numerus clausus il y a quelques années. »
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« La question que nous devons nous poser est d’anticiper les besoins en médecins en 2035, comment exercerons-nous la médecine ? Que feront les autres professions de santé à côté des médecins ? Quel sera le rôle des infirmières ? »

A propos des tarifs des cliniques privées
« Je souhaite changer de paradigmes sur la tarification que ce soit pour les établissements de santé ou pour les professionnels libéraux. »
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« Il faut qu’une grande partie de l’activité soit tarifée à l’acte mais il faut aussi valoriser ceux qui font bien la médecine et pas seulement ceux qui font beaucoup de médecine. »
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« Aujourd’hui, on tarife à la quantité. Je souhaite rajouter une tarification à la qualité et à la pertinence. »

A propos de Nicolas Hulot
« Les questions environnementales comptent énormément pour la santé des Français. Nous travaillons beaucoup ensemble, notamment sur le glyphosate par exemple. »
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« Il porte haut et fort les couleurs de l’écologie. Il a tiré ce gouvernement vers le haut. »
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« On est là depuis 6 mois et puis on découvre que rien n’a été fait pour sortir du nucléaire. »

A propos du glyphosate
« Il faut qu’on se donne les moyens d’en sortir. »