Afghanistan : de nouvelles aides pour éviter une « catastrophe humanitaire imminente » ?

Fawad Mohebzada/Flickr

Les Nations Unies se réunissent aujourd’hui sur la question de l’aide humanitaire pour l’Afghanistan. Antonio Gutteres, le secrétaire général de l’ONU, a appelé les pays membres à accroître l’aide aux populations afghanes. La moitié des 38 millions d’Afghans dépendent de l’aide internationale pour leur survie. Malnutrition, accès aux soins difficile, mais aussi manque de structure d’éducation…

 Médecins sans frontières déplore un pic de malnutrition très important avec les sécheresses

Le pays vit sous perfusion depuis 20 ans et la situation ne cesse d’empirer avec le départ de nombreux humanitaires, depuis l’arrivée au pouvoir des talibans. L’objectif est d’éviter une «catastrophe humanitaire imminente » a rappelé le porte-parole des Nations-Unies, Stéphane Dujarric. 18 millions d’Afghans ne survivent que grâce à l’aide internationale. Sarah Château, responsable Afghanistan pour Médecins sans frontières déplore un pic de malnutrition très important avec les sécheresses. « Plus de 70% de la population vivent dans des zones rurales isolées avec un accès aux soins limité. C’est un des taux de mortalité maternelle les plus important au monde ».

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La Chine et la Russie ne semblent pas s’opposer aux aides pour l’Afghanistan

Avec l’arrivée des talibans, les fonds internationaux pour faire fonctionner les ONG se sont taris ou ont été gelés. Sarah Château dénonce une situation intenable sur le terrain puisque la fermeture potentielle de structures de santé, qui ne seront plus financées, laisse craindre une crise humanitaire encore plus importante. La population se retrouve prise au piège de ces différentes sanctions. La réunion de l’ONU ce lundi 13 septembre concernera le déblocage de nouvelles aides. Si la Chine et la Russie ne semblent pas s’y opposer d’autres pays eux, veulent qu’elles soient soumises à conditions… Selon Dominique Trinquand, ex-général et géopolitologue certain pays occidentaux vont exiger une contrepartie des talibans permettant l’entrée de l’aide humanitaire en échange d’une plus grande liberté en Afghanistan. « Il s’agira ensuite de voir jusqu’à quel point ce bras de fer pourra tenir. » Les Nations Unies veulent surtout dresser un schéma pour apporter l’aide nécessaire, via les ONG, tout en évitant que les fonds ne tombent aux mains des talibans.

Eric Kuoch

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