A la vie, à Elie Wiesel !

Je viens juste de rentrer des obsèques d’Alain Corneau au Père Lachaise. On parlait musique et cinéma en marchant vers le tombeau : il aurait aimé. Très beau discours de François Cluzet, qui rappelait avec beaucoup d’humour le côté maniaque d’Alain et le côté bordélique des Trintignant (Nadine et Marie). Il a eu cette jolie phrase : on aime ce qui ne va pas chez l’autre. Jordi Savall a joué de la viole de gambe, et Baptiste Trottignon a improvisé du jazz sur un beau Steinway.
C’était beau ce départ en musique.
Les juifs ne partent pas en musique. C’est pourquoi Elie Wiesel n’a pas choisi de musique « pour son enterrement ». Mais avec ses chants hassidiques en guise de « madeleines », et surtout cette berceuse, on se sentait tous juifs. Et quelle émotion d’entendre ces belles chansons françaises au moment des « mélodies d’amour » !
Que peut-on ajouter à cette émission sans risquer d’abîmer tout ce que l’écrivain a magnifiquement dit ? Se souvenir de ce mot, peut-être : « L’âme ne crie jamais. Elle chante. Lorsqu’elle se tait, c’est grave. »
Voici son programme :

Madeleines
Traditionnel yiddish : Szol a Kakas màr (en hongrois)
Berceuse hassidique : In Beis hamikdosh
Traditionnel yiddish : « Oifn Pripitsik »
Programme
Chopin : Fantaisie-Impromptu (Evgeny Kissin)
Bach : Suite pour violoncelle seul n° 1 – « Prélude » (Yo Yo Ma)
Dvorak : Russalka – Air à la lune (Renee Fleming, Orchestre philharmonique tchèque, Charles Mackerras)
Schubert : Quatuor « La Jeune Fille et la mort » – 2e mouvement (Quatuor Alban-Berg)
Pergolese : Stabat Mater (Rachel Harnisch, Sara Mingardo, Orchestre Mozart, Claudio Abbado)
Mélodies
« A la claire fontaine »
« Colchique dans les prés »
« Tecse voda tecse » (berceuse tchèque)