À la Une : menaces terroristes sur la France, François de Rugy, mort de Vincent Lambert

Chaque matin, Michel Grossiord décrypte l’actualité et vous partage sa Revue de Presse

Dilemme ce matin: faut-il parler d’abord du « homardgate »… ou des menaces terroristes sur la France ?

J’ai choisi… les menaces terroristes, mais François de Rugy ne perd rien pour attendre.

Le 14 juillet dans 2 jours. Le général Lecointre, chef d’Etat major des armées répond aux questions du Monde, et souligne que « l’indicateur de réussite n’est pas le nombre de djihadistes tués ».

7.000 de nos soldats sont déployés à l’étranger…


7.000, dont plus de la moitié dans l’opération Barkhane, au Sahel, où la situation s’est dégradée cette année.

Des groupes djihadistes se sont reportés du Mali à d’autres zones au Niger et au Burkina Faso… « Nous menons des guerres dans lesquelles on ne signe pas de paix », explique le général Lecointre… qui se fait réaliste : « Il faut admettre l’idée, dans les guerres d’aujourd’hui, que nous ne remporterons jamais une victoire éclatante. Les armées n’atteignent jamais à elles seules un résultat définitif ».

Le chef d’Etat major avance qu’on ne peut faire peser sur les épaules de nos soldats d’autres responsabilités que celles de la réussite ou de l’échec que leur seul engagement au combat contre l’ennemi. « C’est déjà beaucoup ».

Mais quel est son critère de réussite ?

Il répond : « La quantité de population qui n’est pas, ou plus, sous le contrôle de ces groupes à l’idéologie mortifère ».

Les militaires français sont célébrés par Valeurs Actuelles, qui titre Les héros français.

« De Beltrame aux commandos, ceux qui offrent leur vie… Armée, l’école du sacrifice et de l’honneur. La vie secrète des forces d’élite.

On lit l’interview dans Valeurs Actuelles de l’ancien conseiller discours et mémoire d’Emmanuel Macron. Sylvain Fort, qui a donc quitté l’Elysée (sans être depuis vraiment remplacé) revient sur l’importance des héros pour le président de la République.

Oui, Emmanuel Macron les a souvent évoqués…

« Les héros d’aujourd’hui, avance Sylvain Fort, apportent un démenti cinglant à ceux qui voient dans la France un collage de réalités disparates ou un concept vague dont il faudrait sans cesse instruire le procès. Les héros sont un vecteur de cohésion et de progrès personnel et collectif ».

Sur la menace terroriste, relevons encore ce matin le rappel dans Le Parisien du procureur Jean-François Ricard, à la tête du nouveau Parquet national antiterroriste créé pour devenir « une force de frappe ».

« La menace s’est considérablement renouvelée, dit-il… Il faudrait être un doux utopiste ou venir de Mars pour dire qu’elle n’existe plus. Elle est permanente. »

La défaite militaire du groupe Etat islamique n’a pas atténué la menace… « Combien de ressortissants français ont réussi à quitter la zone irako-syrienne et à s’installer ailleurs ?

Le procureur parle d’un « chiffre noir » à leur sujet, sans compter « la masse » (dit-il) d’individus radicalisés susceptibles de passer à l’acte sur notre territoire…

François de Rugy : autre sujet qui revient à la Une… C’est le jour 2 d’un feuilleton qui pourrait bien durer

Mi-cuit, dit Libération. Carrément cramé, lance La Provence qui cite Kant :

– La possession du pouvoir corrompt inévitablement la raison.

Est-ce ce qui est arrivé à François de Rugy, ex Monsieur Propre qui prônait l’exemplarité des députés ? demande La Provence.

Début de réponse dans Libération, même s’il est délicat de sonder les âmes. Mais les dérapages sont là : les « frasques » (selon Le Télégramme) du ministre et ex-président de l’Assemblée nationale traduisent-elles une perte de raison ?

« De l’austère député transparent au président de l’Assemblée opulent » : sous ce titre, Libération rassemble plusieurs témoignages…

En fait, c’est moins sa montée au pouvoir que sa nouvelle vie qui est évoquée

Il aurait totalement changé depuis son remariage (et aussi sa migration d’Europe Ecologie Les Verts à La République en marche, en 2017)

Il regarde de haut ses anciens copains disent… ses anciens copains !

François de Rugy, malgré ses dîners somptueux, n’a pas de copains dans la presse… ni d’ailleurs parmi les politiques (les soutiens publics pour voler à sa rescousse ont été rares, relève Le Figaro).

La Nouvelle République le voit finir à la rue grillé comme un homard… et la majorité des journaux presse l’exécutif de couper sa tête (pour La République des Pyrénées, le coût de l’indécision peut devenir exorbitant)…

Mais on sait qu’Emmanuel Macron n’aime pas du tout céder à la pression médiatique ni à la vindicte

Oui, d’ailleurs, c’est louable, pour La Provence, « mais à double tranchant en cas de nouvelles révélations ».

Un ministre, cité par Le Monde : « Le président ne veut pas donner une victoire à Médiapart. Même symbolique ».

Le risque : laisser croire que rien n’a été retenu de la crise des gilets jaunes…

A la vérité, signale L’Opinion, deux lignes se sont affrontées à l’Elysée sur la démission… Et dans l’attente de la décision du premier ministre (un rappel à l’ordre plutôt qu’une démission), les ministres et pontes de la macronie avaient reçu une consigne sur une boucle Telegram : être « light » dans la défense du numéro 2 du gouvernement…

Autre sujet à la Une ce matin : la mort de Vincent Lambert

L’émotion, les questions, à la Une du Figaro ou de La Croix… qui appellent au recueillement, et à ne pas considérer le drame de Vincent Lambert comme un précédent.

Manchette plus sèche de L’Humanité : 10 ans, 9 mois, 12 jours. Quel droit à mourir ?

Cette notion d’un droit à mourir est rejetée par Le Figaro : qu’est ce qu’une vie ? par quoi se définit-elle ?

Il y a en France (à domicile ou dans des unités médicalisées) entre 1.500 et 1.700 patients en état pauci-relationnel : ils regardent, entendent, mais ne peuvent ni s’exprimer ni mouvoir leur corps.

La Vie leur consacre son numéro : Nous avons rencontré d’autres Vincent Lambert…

Lecture loin du tumulte médiatique qui a entouré le cas Vincent Lambert… tumulte que déplore aujourd’hui toute la presse… pour qui ce cas (différend privé et familial) n’aurait pas du être porté sur la place publique.

Michel Grossiord

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