1.2.3 Solaar

Certes MC Solaar n’est pas un mélomane aussi pointu que Alain Corneau, Philippe Sollers ou Michel Blanc. Mais un rappeur sur Radio Classique, c’est un événement non ? Avec autant d’honnêteté que d’intelligence, il n’a pas cherché à tricher. Son programme comportait les quatre ou cinq œuvres de base que n’importe qui connaît à moins de venir de la planète Mars : la 9e Symphonie de Beethoven (à cause de l’hymne européen), l’air de la Reine de la Nuit de Mozart (merci Taureau Ailé), la Sarabande de Haendel (coucou Barry Lyndon) et Pierre et le Loup de Prokofiev (bonjour les petits enfants !). Mais avec quelle finesse il en a parlé, non ? Ses « madeleines » étaient intéressantes : le générique du Cinéma de Minuit (avec cette musique mélodique et mystérieuse), le générique des Dossiers de l’Ecran (musique expérimentale et accessible de Morton Gould). C’est-à-dire la télé comme vecteur privilégié. L’air de la Reine de la Nuit, c’est aussi par la télé qu’il l’a connu (chez Jacques Martin, « Incroyable mais vrai »). MC Solaar avait tout pour aimer la musique classique : la sensibilité, l’ouverture d’esprit, l’attrait pour la culture. « Enfant et adolescent, cela me paraissait réservé à une élite » a-t-il dit. Donc il est resté à la porte de cet art qui nous réunit. Certes Radio Classique n’existait pas quand il était petit, mais quel dommage que ni la télévision ni l’école n’aient joué leur rôle dans ce domaine !

Cela devrait nous interroger pour l’avenir car la musique classique n’a toujours pas sa place dans la vie de tous les jours.

Olivier Bellamy