Elon Musk : « Le télétravail n’est désormais plus acceptable » pour le patron de Tesla

Anthony Behar/Sipa USA/SIPA

Elon Musk en a marre du télétravail. Le patron de Tesla a envoyé un message fort à ses salariés afin de les rediriger au maximum vers le présentiel.  A l’heure où le télétravail se généralise et devient une priorité pour bon nombre de salariés, cette position est forte de sens et va à l’inverse de la ligne directrice des autres géants de la tech américaine.

« Tous ceux voulant travailler à distance devront passer au minimum 40 heures par semaine au bureau »

Elon Musk a poussé un coup de gueule contre le télétravail à son image, excessif et provocateur. « Le télétravail n’est désormais plus acceptable », dit-il, dans un mail envoyé aux cadres de Tesla. L’histoire est à lire ce matin du 2 juin dans Les Echos. « Tous ceux voulant travailler à distance devront passer au minimum 40 heures par semaine au bureau ».  Les choses sont claires et surprenantes. Heureusement que les Etats-Unis ne sont pas le pays des 35 heures. Elon Musk insiste ensuite pour dire que ces 40 heures de travail en présentiel doivent réellement être un minimum syndical. C’était donc pour les cadres.

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Le patron a ensuite envoyé un mail à toute l’entreprise, avec comme objet : « pour être totalement clair ». Dans le mail on peut lire ceci : « si vous ne vous pointez pas, nous estimerons que vous avez démissionné ». « Plus vous êtes senior, plus votre présence doit être visible. C’est pour ça que j’ai tant vécu dans l’usine – pour que ceux qui travaillent sur la ligne puissent me voir travailler à leurs côtés. Si je n’avais pas fait cela, Tesla aurait fait faillite depuis longtemps ». En lisant cela on peut être frappé de la proximité en matière de langage avec les frasques de Donald Trump dans ses écrits sur Twitter. Pourtant on parle bien du patron de Tesla, de SpaceX, d’une demi-douzaine de grosses startup dans l’intelligence artificielle, l’industrie des tunneliers et la recherche sur les connexions neuronales. Voilà, l’inimitable Elon Musk, l’homme le plus riche au monde.

 

Le télétravail est devenu un critère de recrutement dans la Silicon Valley

Ce qui est frappant c’est que cette prise de position est totalement à contre-courant de tout le secteur de la tech. En effet, la pandémie avait mis tout San Francisco en télétravail et une bonne partie de ce que New York compte de cols blancs. Le « home office », comme on dit, s’est imposé comme la norme également pour l’après-pandémie. Tout simplement parce que la Silicon Valley est une galère quotidienne pour les milliers de travailleurs de la tech. Ils habitent dans le centre-ville de San Francisco et font 1 heure ou 1,5 heure dans les embouteillages, chaque matin et chaque soir.

 

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La bataille des talents entre Google, Facebook et les autres, se réglait jusqu’à présent par des salaires mirobolants (l’immobilier est hors de prix dans cette ville), et par des bureaux qui chouchoutent les salariés avec des restaurants gratuits, de salles de sport et des activités pour les enfants. Le télétravail à volonté est ensuite devenu un critère de recrutement. Elon Musk et le télétravail, c’est une longue histoire. Il avait critiqué Apple sur ce sujet récemment, et même suggéré que le siège de Twitter (entreprise qu’il est en train de racheter pour 44 milliards de dollars) soit transformé en refuge pour sans-abri. En effet, selon lui, plus personne n’y travaille. Elon Musk patron, cela peut étonner mais c’est la promotion du présentéisme. Une attitude en phase avec la mentalité française.

 

François Geffrier

Ecoutez François Geffrier (à partir de 4’40) :

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