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Banc d'essai : Six convertisseurs


juillet 2013 - par Philippe Venturini - Article paru dans le N°154 de Classica


La prolifération de la technologie numérique, du téléphone à la télévision en passant par l'ordinateur, les a rendus indispensables. Ces appareils permettent en effet de transformer les données numériques en données analogiques et ainsi de les acheminer vers l'installation haute-fidélité.

Le meilleur choix - Fostex HP-A8C

Marque japonaise très réputée pour ses modèles de haut-parleurs qui équipent de nombreuses enceintes, Fostex fabrique également des casques et, depuis peu, des convertisseurs numériques-analogiques. Trois modèles sont aujourd'hui disponibles en France, le HP-A3 (390 €), le HP-P1 (640 €) et le présent HP-A8C, et ils se présentent également comme des amplificateurs pour casque. Le HP-A8C offre d'ailleurs deux sorties en façade. Les côtoient un sélecteur d'entrée, un sélecteur d'écoute (casque ou sortie ligne) et un potentiomètre de volume (qu'il est possible de contourner) relayés par un écran : s'y affichent le niveau sonore, l'entrée choisie et le codage du signal. À l'arrière se disposent les entrées numériques (dont une pour carte SD grand format) et analogique, les sorties analogiques et numériques. On l'aura compris, cet appareil, superbement construit, est très complet. Le Fostex HP-A8C fonctionne à partir d'un transformateur coaxial et est équipé d'une télécommande.

Écoute

Le Fostex n'est sans doute pas le plus spectaculaire de cette sélection. Il ne donne pas l'impression de pousser les murs de la salle d'écoute. En revanche, il est celui qui offre les timbres les plus racés et les plus raffinés et confère à l'écoute un grain et un relief inégalés. Les sons ne ressemblent pas à des bulles de musique mais plutôt à des billes, pleines d'harmoniques constituées autour d'un noyau dur. Les notes paraissent alors presque palpables, d'une troublante réalité physique. Il suffit d'écouter un piano, une voix ou un violon pour s'en convaincre : il n'y a rien d'artificiel ni de crispé. De l'attaque à l'extinction, chaque son connaît une infinie variété de nuances (dynamique très fine et très étendue) et se montre en outre incapable de la moindre agressivité, même dans les forte. Une magnifique restitution des ambiances acoustiques et de l'espace parachève cette réussite incontestable qui séduira les mélomanes.

Prix : 1 690 €
Pour : des timbres d'une rare densité, beaucoup d'air et de relief
Contre : rien

 

Nu Force DAC-100

Le californien Nu Force sait séduire les mélomanes par des appareils aux lignes élégantes, au format compact et aux performances élevées. Le DAC-100 se situe ainsi en haut de sa gamme et réunit dans un même boîtier un convertisseur, un amplificateur pour casque et un préamplificateur. Il aligne sobrement en façade quatre touches lumineuses de sélection d'entrée numérique (deux coaxiales, une optique et une USB type B), un potentiomètre de volume, une sortie casque et des diodes lumineuses indiquant la fréquence d'échantillonnage. À l'arrière voisinent une sortie analogique stéréophonique (prises RCA), les entrées numériques et la mise sous tension. Difficile d'imaginer plus simple. À l'intérieur s'activent un transformateur toroïdal, un étage de sortie en classe A et un circuit qui ne suréchantillonne pas le signal de façon à en préserver l'intégrité.

Écoute

Manifestement, le DAC-100 n'aime pas les atmosphères confinées et les salles basses de plafond. Il projette en effet le son sur les trois dimensions et il l'organise avec soin : il offre une belle sensation de profondeur et des arrière-plans bien structurés. La musique ne reste pas enfermée dans la boîte des enceintes. Si certaines prises de son peuvent signaler une très légère accentuation du registre supérieur, jamais elles ne feront passer le DAC-100 pour une froide machine ou un distributeur de colorants. Il fait entendre au contraire un médium d'une appréciable plénitude qui laisse les voix s'épanouir jusque dans les nuances les plus ténues. Le vibrato des instruments à cordes se perçoit également avec facilité. S'y ajoutent des basses très dynamiques et rapides.

Prix :1 090 €
Pour : de l'enthousiasme, des couleurs, du souffle
Contre : aigu parfois un peu lumineux

 

Naim DAC-V1

Après avoir présenté de nombreux appareils de format traditionnel (une quarantaine de centimètres de largeur), Naim revient au format compact, de style boîte à chaussures, avec lequel il remporta quelques succès mémorables (l'amplificateur Nait, par exemple). La série Classic s'enrichit ainsi de deux nouveaux appareils : le DAC-V1, qui fonctionne comme un convertisseur et un préamplificateur, et l'amplificateur de puissance NAP 100 (2 x 50 W, 850 €). Naim a conservé l'esthétique sobre et noire qui fait sa signature : six petites touches et un potentiomètre de volume au-dessus de la sortie casque encadrent un afficheur très lisible à gros caractères verts. La face arrière distribue les nombreuses entrées et sorties numériques et la double sortie analogique, RCA et DIN, destinée à l'amplificateur. Le niveau de cette dernière peut être fixe ou modulable par le potentiomètre. On peut regretter que le constructeur n'ait pas ajouté une ou deux entrées analogiques.

Écoute

Fidèle à sa réputation d'excellence, Naim propose une fois de plus un produit aussi beau que bien sonnant. Il ne faut en effet pas longtemps pour apprécier le raffinement des couleurs, l'équilibre tonal et l'ampleur de la restitution spatiale. Comme il n'ajoute aucun artifice à la musique, il permet d'offrir un son qui varie très sensiblement d'une prise à l'autre. Instantanément, la distribution des pupitres dans l'espace, l'acoustique du lieu, la proximité des instruments changent. S'il fallait qualifier le DAC-V1, on le dirait plus mat que brillant, ce qui permet d'éviter de confondre le violon avec un crin-crin et un clavecin avec une boîte à clous. Les voix aiguës, sopranos ou contre-ténors, ne semblent jamais s'égosiller et elles se déploient sur de longues courbes mélodiques. Des attaques franches mais non brusques et un grave très bien tenu apportent en outre une ponctuation harmonique facile à suivre.

Prix :1 650 €
Pour : des couleurs naturelles, de l'espace
Contre : un très léger manque de grain

 

Exposure 2010 S2

Reconnu pour ses amplificateurs et lecteurs de CD de qualité, le britannique Exposure ajoute le présent convertisseur S2 à sa série 2010, qui comprend également un tuner, un amplificateur de puissance et des cartes "phono". Il adopte la présentation sobre de cette lignée : six touches s'alignent ainsi sagement sous l'afficheur. Elles permettent de choisir l'entrée, de régler le niveau, éventuellement de choisir parmi un des cinq filtres numériques et d'éteindre l'écran.

Écoute

De l'air, des détails, de la vigueur. Voilà les premières impressions que donne ce modèle. D'un enregistrement à l'autre, les volumes, les architectures et les acoustiques changent. S'y installe une scène sonore confortablement échelonnée et définie avec précision. Peut-être faut-il y voir la complicité d'un aigu parfois un peu brillant. Il ne dénature en tout cas jamais les timbres, ne fait jamais crisser les instruments et fait sonner les basses avec tonicité. Des vitamines pour le numérique.

Prix : 1 199 €
Pour : du détail, de l'énergie, de la précision
Contre : très léger brillant

M2Tech HiFace DAC

Semblable à une clef USB, ce modèle très simple dispose d'une sortie via une minifiche Jack qui recevra un casque ou un câble en direction d'un amplificateur. Il permet ainsi de contourner la carte son souvent de piètre qualité d'un ordinateur ou smartphone pour traiter directement les données numériques. Il faut juste télécharger un "driver" sur le site du constructeur et modifier la configuration de la partie son. L'opération prend à peine deux minutes.

Écoute

On ne va pas affirmer que le M2Tech HiFace DAC est la clef du paradis musical, mais il s'en approche. Évidemment, comparé au Fostex ou au Naim, il semble parfois un peu moins raffiné dans l'aigu (les cordes), mais il n'est jamais agressif. Il permet en tout cas de transformer tout ordinateur en excellent lecteur de CD et de musique dématérialisée. Le médium se montre notamment d'une belle facture, onctueux et détaillé (clavecin magnifique). Que demander de plus à ce prix ?

Prix : 219 €
Pour : le format, la facilité d'utilisation, le son riche
Contre : très léger manque de soyeux dans l'aigu

 

HRT Music Streamer HD

Le californien HRT est spécialisé dans la musique dématérialisée. Pas plus long qu'un boîtier de CD, le Music Streamer HD se destine à un ordinateur, une tablette ou un smartphone. La connexion s'effectue par un port USB de type B (le petit format). La sortie est de type RCA ou XLR. Cet appareil ne se branche pas sur le secteur.

Écoute

De tels produits ont de quoi inquiéter le lecteur de CD : l'ordinateur, devenu platine disque et source musicale haute définition, est ainsi un élément très performant. Les timbres s'organisent sur trois vraies dimensions. L'aigu pourrait être plus fluide mais il ne fatigue jamais. Un excellent produit.

Prix : 480 €
Pour : une sonorité généreuse et bien projetée dans l'espace, de la définition
Contre : quelques tensions dans l'aigu

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