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Banc d'essai : six amplificateurs autour de 1 000 €


avril 2014 - par Philippe Venturini - Article paru dans le N°161 de Classica


Même si les lecteurs de CD et les câbles se raréfient ou disparaissent, les amplificateurs restent les indispensables auxiliaires des enceintes. Mais ils doivent offrir bien plus qu'une simple addition de watts : le raffinement des timbres et la finesse des nuances comptent bien davantage pour le mélomane.

Le meilleur choix - BC Acoustique EX332D

Avouons-le, la finition est plutôt anonyme. Mais en regardant de près les touches qui s'alignent de part et d'autre du potentiomètre central, on distingue quelques fonctions rares tels " gain " et " DAC ". La première permet d'adapter le niveau de sortie et le second révèle que l'EX332D n'est pas qu'un amplificateur : il inclut aussi un convertisseur 24 bits/192 kHz. La face arrière présente en effet deux entrées numériques, une optique et une coaxiale, qui guident le signal vers un circuit Cirrus Logic CS8416. Si BC Acoustique a soigné la fabrication (puissant transformateur de 700 VA, composants sélectionnés), il n'a pas oublié le confort de l'utilisateur. Cet appareil dispose en effet d'une entrée et d'une sortie XLR, peut se transformer en puissant module monophonique (il faudra alors une seconde unité de puissance) et alimenter un caisson de basses.

Écoute

Qui aime la franchise, la spontanéité et la limpidité ne pourra qu'être convaincu par ce farouche partisan de la musique sans colorant ni artifice. En revanche, les amateurs de sonorités enveloppées, de couleurs sans cesse saturées, de médium généreux et de basses ronflantes risquent de se croire brimés. L'EX- 332D ne met pourtant pas la musique à la diète mais il évite de lui apporter des calories supplémentaires et de surcharger l'interprétation des musiciens. On redécouvre ainsi ses enregistrements favoris et on en saisit instantanément toutes les qualités. Un spectre très large autorise l'accès aux grands orchestres sans risque de saturation et une échelle dynamique très fine laisse entendre les plus subtiles nuances d'une interprétation. La justesse des timbres (velouté des instruments à cordes) complète un brillant relevé de notes. Un vrai premier de la classe.

Prix : 999 €
Pour : de l'espace, de la vigueur, des couleurs
Contre : rien

 

Nad 356 BEE DAC

Les amplificateurs Nad se suivent et, hélas, se ressemblent. L'aspect grisâtre et le plastique des touches et potentiomètres n'ont vraiment rien pour séduire. Mais qui connaît le constructeur sait qu'on ne le choisit pas pour son design. Ce modèle travaille ainsi à partir d'un transformateur toroïdal Holmgren et limite le trajet du signal pour l'optimiser. Il offre de nombreuses entrées analogiques, dont une " phono ", mais aussi des entrées numériques, optique et USB (16-24 bits/32-96 kHz). On note par ailleurs la possibilité de raccorder en façade un appareil audio via une minifiche Jack. Comme à l'accoutumée, Nad propose un réglage de balance et de tonalité qui peut être neutralisé (" Tone Defeat "), le branchement de deux paires d'enceintes et une sortie préamplificateur séparée si l'on souhaite ajouter un second bloc de puissance.

Écoute

Le ramage ne se rapporte heureusement pas au plumage. Le 356 BEE DAC ne sonne en effet ni gris, ni moche. Il s'impose même comme un modèle qui diffuse la musique avec une étonnante générosité. Le piano, par exemple, rayonne au-delà du cadre des enceintes et s'installe à son aise dans la salle d'écoute, accompagné de graves fermes mais chantants et d'un médium onctueux. La diffusion reste cependant maîtrisée et la richesse des couleurs ne vient jamais parasiter la netteté du trait : la ponctuation de la basse ne disparaît pas dans une vapeur sonore. L'écoute des voix atteste d'une rare véracité des timbres : ténors et sopranos triomphent à gorge déployée sans jamais s'égosiller. Une fois de plus, Nad confirme sa musicalité légendaire.

Prix : 999 €
Pour : la plénitude des couleurs, la respiration musicale
Contre : finition banale

 

Arcam FMJ A19

À la fois élégant et peu encombrant, l'A19 dispose ses touches de sélection autour du gros potentiomètre de volume et de l'écran qui indique le nom de la source sélectionnée et le niveau du volume. Deux miniprises Jack permettent de brancher un casque et un appareil audio portable de type baladeur. À l'arrière s'alignent régulièrement les fiches RCA destinées aux entrées et le bornier pour les enceintes. C'est à peine si on remarque la petite prise " Accessory Power " qui permet d'alimenter un récepteur Bluetooth tel le rBlink ou un convertisseur comme le rLink. Un imposant transformateur toroïdal assure l'alimentation électrique. L'ensemble des circuits repose sur un châssis amorti. Une télécommande fort bien conçue assure le pilotage à distance.

Écoute

Voilà incontestablement un produit de belle facture, raffiné et soigné. Les familiers du concert apprécieront la justesse des timbres, le réalisme des couleurs, le dessin toujours précis et vrai du contour des instruments. L'Arcam ne cherche pas à agrandir le violoncelle en contrebasse ni à faire sonner un quatuor à cordes comme un orchestre. Toujours la tête froide, il conserve la lisibilité des lignes des partitions symphoniques : les voix secondaires et les doublures ne s'effacent pas derrière les premiers rôles. Le clavecin sonne avec beaucoup de naturel et le violon ne vrille jamais les tympans. On pourra juste regretter une certaine matité (restitution des acoustiques de salle) et une relative sagesse. Elles restent cependant bien préférables aux effets de manche et autres colorations artificielles.

Prix : 900 €
Pour : le raffinement des timbres, la justesse des proportions
Contre : un peu trop sage ?

 

Marantz PM8005

Le réglage de tonalité à trois zones, aigu, médium et grave, aligné entre les gros potentiomètres de volume et de sélection d'entrée évoque immanquablement les appareils du constructeur des années 1980. En plus des diodes lumineuses qui indiquent la source choisie, deux petites touches lumineuses permettent d'actionner le mode direct qui contourne tout réglage de tonalité et le " Power Amp Direct " qui relie une entrée spécifique sans passer par le préamplificateur. À l'arrière, une entrée " phono " pour platine tourne-disques, une sortie préamplificateur et un solide double bornier.

Écoute

Les amateurs de radiographie musicale peuvent oublier cet amplificateur. Non parce qu'il colorie systématiquement la moindre image en noir et blanc ou déforme les proportions : il connaît la musique et se garde bien de la malmener. Mais il préfère les ambiances chaleureuses et n'hésite pas à légèrement enrober le registre médian. Cette rondeur sonore fait merveille sur les voix et les cordes mais elle préserve heureusement l'intelligibilité du message. On peut passer des heures avec cet amplificateur sans risque de fatigue ni de lassitude.

Prix : 1 190 €
Pour : la densité sonore, l'espace, les couleurs
Contre : très léger manque de limpidité

 

Nu Force HAP-100 et STA-100

Ce duo au format très compact (21 cm de large) est constitué d'un préamplificateur-amplificateur pour casque HAP-100 et d'un amplificateur de puissance STA-100. Le premier n'arbore en sa face avant qu'un sélecteur qui permet de régler le volume et de choisir une source, une sortie casque et un afficheur discret. À l'arrière, une sortie en prises RCA permet d'acheminer le signal vers le très sobre amplificateur de puissance STA-100 : il ne donne rien à voir de plus que deux diodes lumineuses rouges. Une télécommande permet de régler le volume, de choisir l'entrée et de couper le son.

Écoute

Il ne faut pas se fier à leur allure de demi-portion : ces deux-là ont de quoi bousculer plus d'une enceinte et avoir du souffle pour tout un orchestre symphonique. Peut-être l'aigu manque-t-il un peu de soyeux (clavecin, violon) mais un mariage avec des enceintes ad hoc arrangera cela. On ne peut en revanche taire la formidable vitalité de ce duo qui ouvre en grand les salles de concert et les studios pour y laisser entrer de l'air sans jamais perdre de vue le moindre pupitre. La restitution de l'espace est incontestablement parmi les points forts de cet ensemble Nu Force.

Prix : 1 280 €
Pour : du souffle, de l'énergie, de la spontanéité
Contre : léger manque de soyeux dans l'aigu

 

Sony HAP-S1

Équipé d'une connexion à Internet, par câble ou via la WiFi, cet amplificateur donne accès aux webradios et peut aussi gérer les musiques stockées sur un ordinateur. Il comporte également un disque dur de 500 Go et supporte différents standards tels que AAC, FLAC et ALAC. Deux entrées numériques, optique et coaxiale, complètent ce modèle original qui peut donc servir de convertisseur (circuit Burr-Brown).

Écoute

Si le concept est séduisant et incontestablement dans l'air du temps, la sonorité n'est pas négligée pour autant. On peut certes regretter un léger manque de contraste ou de densité, mais en revanche on ne considérera jamais l'écoute comme agressive, artificielle ou triviale. Les différences de prise de son, quant à elles, se perçoivent sans peine.

Prix : 899 €
Pour : le concept, le confort d'utilisation
Contre : des timbres un peu monochromes

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